Israël craignait mercredi des tirs de missiles chimiques ou bactériologiques irakiens, après les déclarations alarmistes d’un responsable de l’ONU et la montée de la tension entre les Etats-Unis et l’Irak. Le premier ministre Benjamin Netanyahu a réuni ses principaux ministres en session extraordinaire à Jérusalem, notamment à propos de la crise irakienne. Le porte-parole du premier ministre, M. David Bar Illan, a de son côté lancé une mise en garde au président irakien Saddam Hussein. «Nous sommes prêts à toute éventualité avec l’Irak. Il est clair que Bagdad s’engagerait dans une aventure dangereuse en attaquant Israël», a-t-il affirmé. Le vice-ministre de la Défense Silvan Shalom a lancé un appel au calme. «Nous sommes prêts à tous les scénarios. Il n’y a pas lieu de paniquer», a-t-il dit sur les ondes de la radio publique. Le secrétaire du gouvernement Danny Naveh a lui aussi affirmé «qu’Israël est prêt à toutes les éventualités». Selon lui, «l’Irak, qui s’équipe de matériel non conventionnel, met ainsi en péril Israël, la paix au Proche-Orient, et peut-être le monde». Consultations secrètes Le quotidien «Yédiot Aharonot» affirme que l’agence américaine de renseignements, la CIA, estime elle aussi que l’Irak pourrait tirer des missiles à têtes non conventionnelles contre Israël. Durant la guerre du Golfe en 1991, l’Irak a tiré 39 missiles SCUD contre Israël, tous à charge classique, qui ont fait 2 tués directs et des centaines de blessés. Selon le quotidien «Maariv», M. Netanyahu a procédé ces derniers jours à des consultations secrètes pour évaluer les risques d’un éventuel conflit. Le traditionnel discours sur l’état de l’Union du président américain Bill Clinton mardi soir, menaçant d’une intervention armée imminente contre l’Irak, a accru la tension. Les Etats-Unis veulent contraindre le président Saddam Hussein à revenir sur son refus d’autoriser les agents de la Commission spéciale de l’ONU chargée du désarmement irakien (UNSCOM) d’inspecter les sites présidentiels en Irak. Le représentant israélien à l’ONU, M. Dore Gold, a été rappelé mercredi en consultations à Jérusalem. Officiellement, il s’agit d’évoquer avec lui les moyens d’empêcher les Palestiniens d’élever le niveau de leur représentation à l’ONU. Israël appréhende des pressions renouvelées des Etats-Unis pour débloquer le processus de paix avec les Palestiniens, si jamais Washington voulait remettre sur pied une coalition arabe contre l’Irak. Le secrétaire d’Etat américain Madeleine Albright est attendu en fin de semaine au Proche-Orient pour des entretiens sur le processus de paix avec M. Netanyahu et le président palestinien Yasser Arafat. En 1991, Israël s’était abstenu de répliquer aux tirs de missiles irakiens, afin de ne pas compromettre la mobilisation anti-irakienne des pays arabes sous l’égide des Etats-Unis. Le ministre israélien de la Défense Yitzhak Mordehaï a émis l’espoir qu’Israël pourrait «rester en dehors» de la nouvelle crise avec Bagdad. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Israël craignait mercredi des tirs de missiles chimiques ou bactériologiques irakiens, après les déclarations alarmistes d’un responsable de l’ONU et la montée de la tension entre les Etats-Unis et l’Irak. Le premier ministre Benjamin Netanyahu a réuni ses principaux ministres en session extraordinaire à Jérusalem, notamment à propos de la crise irakienne. Le porte-parole du premier ministre, M. David Bar Illan, a de son côté lancé une mise en garde au président irakien Saddam Hussein. «Nous sommes prêts à toute éventualité avec l’Irak. Il est clair que Bagdad s’engagerait dans une aventure dangereuse en attaquant Israël», a-t-il affirmé. Le vice-ministre de la Défense Silvan Shalom a lancé un appel au calme. «Nous sommes prêts à tous les scénarios. Il n’y a pas lieu de paniquer», a-t-il dit sur...