Boris Eltsine a approuvé lundi une liste de «12 chantiers» économiques pour atteindre une croissance soutenue en 1998, qui accorde un rôle central aux chefs de file des réformateurs Anatoli Tchoubaïs et Boris Nemtsov, récemment encore au bord du limogeage. aCes 12 chantiers, présentés lundi aux journalistes par le premier vice-premier ministre Boris Nemtsov et l’ancien ministre des Finances et adjoint à l’administration présidentielle Alexandre Livchits, ressemblent un peu à des travaux d’Hercule, tant ils constituent des problèmes lancinants de l’économie post-soviétique. La réduction de la pression fiscale, qui pousse nombre d’entreprises à se dérober au fisc, est un objectif affiché depuis au moins deux ans et inscrit dans le projet de code fiscal du gouvernement, que les députés ont néanmoins refusé jusqu’ici d’entériner. Les impayés inter-entreprises ou entre l’Etat et les entreprises du secteur public, que le gouvernement se fixe pour objectif No2 de ne plus laisser croître et même de réduire, sont aussi un problème endémique, dont M. Livchits a estimé qu’il constituait «l’échec principal de toutes ces années de réforme». Les autres objectifs figurant au programme du gouvernement ne sont pas plus inédits, qui vont de la redéfinition du système de protection sociale en faveur des plus démunis, aux logements pour les officiers obligés de quitter l’armée avec les réductions d’effectifs, en passant par la réforme foncière. Si le gouvernement espère les atteindre enfin cette année, c’est en partie grâce à «l’armistice» passée à la fin de l’an dernier entre le Kremlin et la majorité communiste de la Douma, a expliqué M. Livchits. L’établissement de telles relations avec le Parlement «est du jamais vu dans l’histoire de la Russie», a affirmé M. Livchits. La nouveauté vient aussi de la présentation de ces chantiers de façon simple et synthétique, sur quelques pages seulement avec, à côté de chaque objectif, la liste des membres du gouvernement et de l’administration présidentielle chargés de les mener à bien. A en juger par le nombre des chantiers que les premiers vice-premier ministres Boris Nemtsov et Anatoli Tchoubaïs seront chargés de piloter, au moins partiellement, les deux hommes, dont beaucoup d’analystes prédisaient il y a peu le renvoi imminent, semblent avoir obtenu un répit de M. Eltsine et du premier ministre Victor Tchernomyrdine. D’ailleurs, interrogé pour savoir si sa longue liste de responsabilités dans ce programme signifiait qu’il allait rester au gouvernement au moins jusqu’à la fin 1998, M. Nemtsov a répondu avec assurance: «Et alors, vous en doutiez?» M. Nemtsov a par ailleurs ajouté qu’en cas de ralentissement des réformes économiques — que nombre d’analystes ont également prédit au vu des dernières déclarations de M. Eltsine — il «résisterait» d’abord de l’intérieur, et ne démissionnerait «que si cela n’était pas suffisant». M. Nemtzov, tout comme M. Livchits, est cependant resté plus prudent sur le sort de M. Tchoubaïs, le réformateur russe considéré comme le plus efficace mais aussi le plus détesté par les communistes et la population. Publiquement au moins, M. Eltsine, qui doit prononcer fin février son lundi toutes les portes ouvertes, en soulignant que tout responsable mentionné dans cette liste de chantiers risquait son poste en cas d’échec. Avec cette liste, a déclaré avec satisfaction le président russe, «plus personne ne pourra échapper à ses responsabilités car elles sont clairement fixées». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Boris Eltsine a approuvé lundi une liste de «12 chantiers» économiques pour atteindre une croissance soutenue en 1998, qui accorde un rôle central aux chefs de file des réformateurs Anatoli Tchoubaïs et Boris Nemtsov, récemment encore au bord du limogeage. aCes 12 chantiers, présentés lundi aux journalistes par le premier vice-premier ministre Boris Nemtsov et l’ancien ministre des Finances et adjoint à l’administration présidentielle Alexandre Livchits, ressemblent un peu à des travaux d’Hercule, tant ils constituent des problèmes lancinants de l’économie post-soviétique. La réduction de la pression fiscale, qui pousse nombre d’entreprises à se dérober au fisc, est un objectif affiché depuis au moins deux ans et inscrit dans le projet de code fiscal du gouvernement, que les députés ont néanmoins refusé...