Les quinze exhortent la Turquie à participer à la conférence européenne
le 27 janvier 1998 à 00h00
Les ministres des Affaires étrangères des Quinze ont fait chorus hier pour exhorter la Turquie à revenir sur son refus de participer à la conférence européenne, même si la Grèce a fait entendre un couac attendu. «Nous sommes très attachés à la conférence européenne et à la participation de la Turquie», a déclaré lors d’un débat public le ministre français des Affaires européennes, Pierre Moscovici, martelant un message repris par la plupart des pays. «Je crois que la présence de la Turquie est pour nous tous une nécessité», a renchéri son homologue belge Eric Derycke, selon lequel la bonne collaboration avec Ankara dans la récente crise des réfugiés kurdes avait renforcé ce sentiment. La Turquie avait sèchement rejeté en décembre dernier l’invitation des Quinze à participer à une telle conférence avec les 11 pays candidats à l’Union européenne, dont la première réunion aura lieu au sommet le 12 mars, à Londres. Elle exige d’être au moins considérée comme une candidate placée sur la même ligne de départ que la Roumanie, alors que l’UE ne lui reconnaît qu’une «vocation à adhérer» en raison de ses problèmes économiques et politiques, notamment sa performance en matière de respect des droits de l’homme. En outre, la Turquie estimait que la participation à la conférence était soumise à des conditions, comme le respect de la souveraineté, l’inviolabilité des frontières et l’engagement à régler les différends territoriaux — référence à la Grèce — par des moyens pacifiques comme la Cour de La Haye. Le blocage actuel mécontente la plupart des Etats membres, qui craignent que la Turquie, fidèle allié des Occidentaux au sein de l’Otan, ne bascule dans l’islamisme si on lui donne l’impression que l’Union européenne est un «club chrétien». «Il est dans l’intérêt de l’Europe que nous encouragions et soutenions les forces politiques en Turquie qui cherchent en Europe leur inspiration et leur identité», a déclaré le secrétaire au Foreign Office, Robin Cook, dont le pays préside actuellement l’Union européenne pour six mois. Londres, qui a entamé avec le soutien de Paris une campagne pour faire changer d’avis la Turquie avant le 12 mars, estime qu’il existe une bonne chance d’y parvenir si l’UE parvient à «vendre» sa proposition de manière séduisante à Ankara. Le chef de la diplomatie allemande, Klaus Kinkel, s’efforcera d’entamer l’opération dès mardi à Bonn lors d’une rencontre avec son homologue turc Ismaïl Cem, même s’il s’est dit «sceptique» sur ses chances de réussite. (Reuters)
Les ministres des Affaires étrangères des Quinze ont fait chorus hier pour exhorter la Turquie à revenir sur son refus de participer à la conférence européenne, même si la Grèce a fait entendre un couac attendu. «Nous sommes très attachés à la conférence européenne et à la participation de la Turquie», a déclaré lors d’un débat public le ministre français des Affaires européennes, Pierre Moscovici, martelant un message repris par la plupart des pays. «Je crois que la présence de la Turquie est pour nous tous une nécessité», a renchéri son homologue belge Eric Derycke, selon lequel la bonne collaboration avec Ankara dans la récente crise des réfugiés kurdes avait renforcé ce sentiment. La Turquie avait sèchement rejeté en décembre dernier l’invitation des Quinze à participer à une telle conférence...
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