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Actualités - Chronologie

Con Dao, avant-poste perdu du Vietnam en mer de Chine du sud

Les habitants de l’île de Con Dao, avant-poste perdu du Vietnam en mer de Chine du sud qui ne doit d’être sorti de l’anonymat qu’au bagne colonial de Poulo Condor, aimeraient parfois vivre un peu moins loin du continent. Trois fois par semaine un hélicoptère décolle à 200 kilomètres de là de l’ancienne Saïgon (sud) pour se poser à Con Dao sur un bout de piste longeant un bâtiment dont la moitié du toit de tôle a été emportée par le dernier typhon. Après il faut supporter une heure de piste défoncée dans une vieille jeep russe pour atteindre les autre rues du «centre-ville». Sinon il y a le bateau. «Quatorze heures par mer calme», indique un fonctionnaire, «mais ici la mer est souvent agitée. Parfois les bateaux ne peuvent pas sortir pendant dix jours». Alors le riz ou les fruits commencent à manquer sur cette île de 2.500 habitants qui ne connaît ni téléphone mobile, ni voiture particulière, ni chômage, et, assurent les autorités, ni criminalité ni prostitution «parce que tout le monde se connaît». Cette île sauvage aux plages de sable blanc et à la végétation tropicale reste en dehors des circuits touristiques. C’est l’ancien penitentier qui attire ici les étrangers, mais on n’en a vu ici que 123 l’an dernier. «A cause de notre isolement, ce n’est que maintenant qu’on se met à penser à notre infrastructure», explique Nguyen Truong Son, vice-président du Comité populaire. «On veut développer le tourisme et la pêche», lance-t-il. Con Dao, qui ne compte qu’un unique hôtel de 29 chambres, vient de donner sa première autorisation d’investissement étranger à un groupe sud-coréen pour un établissement de 250 chambres, étudie un projet britannique de bungalows en forêt et un autre, français, de pêche en mer pour touristes. Victime de Linda L’archipel est aussi situé dans la zone la plus poissonneuse du Vietnam. Trach My explique qu’il pouvait, en une journée, pêcher 100 kilos de thon ou de maquereau et gagner le salaire mensuel d’un fonctionnaire, avant que le typhon de novembre ne transforme son bateau en épave. Mais Con Dao, à cause du bagne, a été une zone interdite d’approche jusqu’en 1975 et n’a pas d’industrie locale de pêche. «Notre flottille de 39 bateaux a été anéantie par le typhon Linda», explique M. Son. Cette île sans pêcheurs n’est pas pauvre pour autant. Elle vit des impôts sur les 2.000 embarcations qui viennent de Danang ou Hué (centre), ou du golfe de Thaïlande en fonction de la mousson. Une réelle activité s’est développée grâce à ces marins venus d’ailleurs: ateliers de réparation navale, fabrication de la glace. Si bien que Con Dao revendique un taux de chômage nul. Un grand port de pêche est en construction au sud-ouest de l’île, l’aéroport va être agrandi pour accueillir des ATR, une route vers le centre est en chantier. Con Dao attend aussi ses «nouveaux colons» et espère doubler sa population en 2.000 en attirant du personnel qualifié grâce à des incitations financières. «Vous savez, conclut le vice-président, on est loin de la terre, mais on fait tout pour s’en sentir proche. De la nouvelle poste par exemple, vous pouvez appeler le monde entier», dit-il fièrement.(AFP)
Les habitants de l’île de Con Dao, avant-poste perdu du Vietnam en mer de Chine du sud qui ne doit d’être sorti de l’anonymat qu’au bagne colonial de Poulo Condor, aimeraient parfois vivre un peu moins loin du continent. Trois fois par semaine un hélicoptère décolle à 200 kilomètres de là de l’ancienne Saïgon (sud) pour se poser à Con Dao sur un bout de piste longeant un bâtiment dont la moitié du toit de tôle a été emportée par le dernier typhon. Après il faut supporter une heure de piste défoncée dans une vieille jeep russe pour atteindre les autre rues du «centre-ville». Sinon il y a le bateau. «Quatorze heures par mer calme», indique un fonctionnaire, «mais ici la mer est souvent agitée. Parfois les bateaux ne peuvent pas sortir pendant dix jours». Alors le riz ou les fruits commencent à manquer...