Le président français Jacques Chirac, poursuivant sa politique asiatique, arrive aujourd’hui en Inde pour mettre des relations économiques et diplomatiques sans relief au niveau des promesses d’un marché d’avenir de bientôt un milliard d’habitants. Accompagné d’une délégation de grands patrons, M. Chirac commence symboliquement une visite d’Etat de trois jours à Bombay (ouest), la trépidante capitale économique et financière de l’Inde, par un séminaire sur l’avenir des relations économiques bilatérales. Le président français, invité d’honneur du Jour de la République et de sa grande parade militaire le 26 janvier, sera dimanche et lundi à New Delhi, où il doit, selon un haut diplomate français, «établir la confiance» entre les deux pays. «La visite de Chirac doit sortir les relations de la chambre froide», résumait cette semaine le quotidien Indian Express. «L’Inde, selon tous les experts, sera l’une des cinq grandes puissances économiques en 2.020 et il n’est pas normal que la France ne soit pas bien connue en Inde et que l’Inde ne soit pas bien connue en France», a déclaré M. Chirac au quotidien indien The Hindu. Il a dit vouloir une «meilleure compréhension entre deux pays qui se sont ignorés pendant trop longtemps», et selon son porte-parole doit proposer «un grand partenariat». Si les relations culturelles avec l’Inde, où la France eut jadis des comptoirs, ont toujours été denses, les relations politiques ont souffert des liens militaires de Paris avec le Pakistan voisin et rival. Il n’y eut plus aucun contact pendant 18 mois après qu’Islamabad eut annoncé en 1995 un contrat de ventes d’avions Mirage, qui ne s’est jamais réalisé. Les nuages ont été dissipés et New Delhi a interprété comme un «vote de confiance» le fait que M. Chirac ait maintenu sa visite alors que le gouvernement indien expédie les affaires courantes à trois semaines de législatives anticipées. Les deux parties doivent insister sur leurs visions convergentes d’un monde multipolaire, sous-entendu non dominé par les Etats-Unis. Paris entend poursuivre à New Delhi le développement d’une politique asiatique engagée par des visites de M. Chirac au Japon et en Chine. Les dirigeants indiens doivent plaider auprès du président français pour que leur pays, qui représente près d’un-cinquième de l’humanité, obtienne un siège permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU, ce à quoi M. Chirac s’est dit ouvert en principe. Mais c’est surtout sur le plan économique qu’est centré ce voyage, même si l’on n’attend pas la signature de grands contrats. «La France n’a pas une bonne image en Inde dans le domaine économique. Le but est de se faire prendre au sérieux», a expliqué sans ambages un diplomate français. Un dialogue doit s’engager sur une coopération dans le domaine nucléaire civil, la France se disant prête à trouver les moyens de concurrencer la Russie et les Etats-Unis sur un marché énorme aux besoins énergétiques criants tout en respectant ses engagements en matière de non-prolifération. M. Chirac a dit vouloir des investissements français dans «tous les domaines» et avoir des «idées» pour des contrats militaires. La France n’est que le 18e fournisseur de l’Inde, son 13e client, et le 8e investisseur dans ce pays, loin derrière les Etats-Unis, l’Allemagne et le Japon. Moins de 150 entreprises françaises travaillent en Inde et si certaines le font avec succès, Peugeot vient de se retirer après une expérience malheureuse. Les patrons de grandes sociétés comme EDF, Schneider, Lyonnaise des Eaux, ou Framatome accompagnent M. Chirac et doivent discuter à Bombay avec une centaine de leurs collègues indiens. Le patron des patrons indiens, M. Kumar, qui accueille M. Chirac à Bombay, s’est dit certain que les deux pays allaient prendre un «nouveau départ». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président français Jacques Chirac, poursuivant sa politique asiatique, arrive aujourd’hui en Inde pour mettre des relations économiques et diplomatiques sans relief au niveau des promesses d’un marché d’avenir de bientôt un milliard d’habitants. Accompagné d’une délégation de grands patrons, M. Chirac commence symboliquement une visite d’Etat de trois jours à Bombay (ouest), la trépidante capitale économique et financière de l’Inde, par un séminaire sur l’avenir des relations économiques bilatérales. Le président français, invité d’honneur du Jour de la République et de sa grande parade militaire le 26 janvier, sera dimanche et lundi à New Delhi, où il doit, selon un haut diplomate français, «établir la confiance» entre les deux pays. «La visite de Chirac doit sortir les relations de la...