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Actualités - Chronologie

Les patrons de l'industrie française prudents pour 1998

Les patrons de l’industrie française sont prudents pour 1998 après une année 1997 tout au long de laquelle la production n’a cessé de s’accélérer pour finalement augmenter de 4,5% en volume, soit le meilleur résultat depuis vingt ans, selon l’institut de conjoncture Rexecode. aPrésentant à la presse le bilan de l’année écoulée et leurs perspectives d’avenir, les dirigeants de diverses fédérations du CNPF réunis dans le GFI (Groupe des fédérations industrielles) ont souligné leur manque de visibilité compte tenu de la crise asiatique et de la prochaine loi sur les 35 heures. «Après un début d’année 1998 qui prolonge, sur sa lancée, la bonne année 1997, les incertitudes apparaissent à partir du 2e trimestre 1998, avec une situation compétitive très forte des pays d’Asie», a résumé Bertrand Louvet, président de l’Union des industries chimiques (UIC). Au nom du Comité des constructeurs français d’automobiles, le président Yves de Bélabre a pareillement craint qu’avec leurs actuelles surcapacités de production automobile, les pays du sud-est asiatique et de Corée ne déversent leurs excédents sur des marchés européens déjà saturés. Georges Jollès (Union des industries textiles) a également qualifié de graves les effets de la crise asiatique sur l’industrie textile française qui se trouve en phase de conquête de parts de marché vers l’Asie. Mais malgré la bataille de prix exacerbée qui s’annonce, il en a appelé ses collègues du secteur à maintenir leurs positions dans ces pays. Michel Didier, économiste à l’institut Rexecode, proche du CNPF, qui présentait un tableau de bord de l’industrie française, a considéré de son côté que le ralentissement de la crise asiatique allait peser sur notre industrie d’ici le printemps prochain. Tel est aussi l’avis de Jean-Pierre Fesgeorges, président de la Fédération des industries électriques, électroniques et de communication, pour qui cette crise pourrait durer bien plus de six mois. L’autre grande crainte des industriels en ce début d’année vient de la future loi sur les 35 heures hebdomadaires, qui va, selon eux, obérer sensiblement la productivité des entreprises. Arnaud Leenhardt, président de l’Union des industries métallurgiques et minières (UIMM), a toutefois affirmé qu’il n’était «pas opposé à un tel abaissement, mais là où on le peut et quand on le peut». Dans son tableau de bord, l’institut Rexecode dresse un bilan 1997 «clairement positif», selon Michel Didier. La production industrielle française a en effet connu en glissement une hausse de 8% en 1997. L’exportation a constitué le moteur principal avec une hausse de 12% des ventes de l’industrie française sur les marchés étrangers, qui est la plus forte depuis 25 ans (1972). Mais l’industrie va devoir moins compter sur cette demande extérieure en 1998. Le conjoncturiste de Rexecode considère en effet qu’outre le ralentissement des échanges, la France a désormais épuisé les avantages de compétitivité tirés de la baisse des taux de change. Restent la demande intérieure et l’investissement. Mais la première comporte certains freins tandis que le second ne s’est pas encore véritablement réveillé. Néanmoins, l’amélioration de la situation financière des entreprises liée aux forts gains de productivité et la plus grande profitabilité du capital permettent d’envisager de meilleures perspectives d’investissement. Encore faut-il que les tendances actuelles se consolident et ne soient pas perturbées par des événements extérieurs défavorables, ont estimé les divers intervenants en mettant en avant leur «angoisse de voir appliquer la loi uniforme et aveugle sur les 35 heures». Or, justement, pour Michel Didier, «l’anticipation d’un choc aussi brutal ne peut qu’inciter à la prudence et risque de peser sur l’actuel redémarrage, encore fragile». (Reuters)
Les patrons de l’industrie française sont prudents pour 1998 après une année 1997 tout au long de laquelle la production n’a cessé de s’accélérer pour finalement augmenter de 4,5% en volume, soit le meilleur résultat depuis vingt ans, selon l’institut de conjoncture Rexecode. aPrésentant à la presse le bilan de l’année écoulée et leurs perspectives d’avenir, les dirigeants de diverses fédérations du CNPF réunis dans le GFI (Groupe des fédérations industrielles) ont souligné leur manque de visibilité compte tenu de la crise asiatique et de la prochaine loi sur les 35 heures. «Après un début d’année 1998 qui prolonge, sur sa lancée, la bonne année 1997, les incertitudes apparaissent à partir du 2e trimestre 1998, avec une situation compétitive très forte des pays d’Asie», a résumé Bertrand...