Le président français Jacques Chirac effectue sa première visite en Inde au moment où ce pays politiquement instable est dirigé par un gouvernement expédiant les affaires courantes et est en pleine campagne électorale pour ses deuxièmes législatives en moins de deux ans. M. Chirac, qui doit du 24 au 26 janvier relancer des relations bilatérales en sommeil et inciter les industriels français à faire le pari du marché indien, verra le président KR Narayanan — premier «intouchable» à devenir président — et le vice-président Krishna Kant, deux personnalités protocolaires, ainsi qu’un premier ministre démissionnaire sans guère de chance de revenir au pouvoir, Inder Kumar Gujral, 78 ans. Des législatives auront lieu sur quatre jours les 16, 22, 28 février et 7 mars, trois ans avant échéance, suite à la chute fin novembre d’un gouvernement de centre-gauche Front Uni, vieux d’à peine huit mois, dirigé par M. Gujral, et de la dissolution de la Chambre. Les présidents Bill Clinton et Boris Eltsine, qui devaient aussi venir en Inde en ce début d’année, ont préféré reporter leurs visites, arguant d’une période politiquement défavorable. Certains responsables français ont conseillé à M. Chirac d’en faire autant, selon des sources diplomatiques, mais il a décidé de maintenir sa visite, ce qui a été perçu en Inde comme un «vote de confiance». Nouveau départ M. Chirac, invité par M. Narayanan comme hôte d’honneur du Jour de la République lundi à New Delhi, assistera à une grande parade militaire haute en couleurs mêlant chars, chameaux, avions de chasse, troupes enturbannées, missiles et éléphants. Il doit aussi s’entretenir dimanche à New Delhi avec les principaux hommes politiques qui ne sont pas au gouvernement, peut-être donc avec le futur premier ministre, dont Atal Vajpayee, candidat du Parti nationaliste hindou BJP, donné favori des élections par les sondages, et peut-être Sonia Gandhi. M. Chirac entend donner une impulsion à des relations politico-diplomatiques qui ont tourné au ralenti depuis 1995. Il n’y eu même plus de contact officiel pendant 18 mois à la suite d’informations sur un hypothétique contrat de vente de Mirage au Pakistan rival. Même si l’on ne s’attend à aucune signature ou annonce de grand contrat public en l’absence d’un gouvernement décisionnaire, l’aspect central de cette visite sera économique. M. Chirac sera accompagné par une délégation de haut niveau d’une trentaine de chefs d’entreprise français. Il entamera sa visite samedi à Bombay, capitale économique et financière de l’Inde, par un discours devant un séminaire organisé par le patronat indien qui attend de ce voyage un «nouveau départ». La France n’est en effet encore que peu présente sur l’énorme marché indien (970 millions d’habitants). Elle n’est que le 18e fournisseur de l’Inde et son 13e client, loin derrière les Etats-Unis et l’Allemagne, et le 8e pays investisseur. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président français Jacques Chirac effectue sa première visite en Inde au moment où ce pays politiquement instable est dirigé par un gouvernement expédiant les affaires courantes et est en pleine campagne électorale pour ses deuxièmes législatives en moins de deux ans. M. Chirac, qui doit du 24 au 26 janvier relancer des relations bilatérales en sommeil et inciter les industriels français à faire le pari du marché indien, verra le président KR Narayanan — premier «intouchable» à devenir président — et le vice-président Krishna Kant, deux personnalités protocolaires, ainsi qu’un premier ministre démissionnaire sans guère de chance de revenir au pouvoir, Inder Kumar Gujral, 78 ans. Des législatives auront lieu sur quatre jours les 16, 22, 28 février et 7 mars, trois ans avant échéance, suite à la chute...