Le premier ministre Tony Blair a reçu de nouveau hier à Downing Street les républicains catholiques du Sinn Fein, qui rejettent les grandes lignes du plan de paix sur l’Ulster de Londres et Dublin, et protestent contre une série de meurtres sectaires commis par des extrémistes protestants. L’aile politique de l’Armée républicaine irlandaise (IRA) estime que Londres et Dublin ont cédé à la campagne de violence des extrémistes dans le camp des loyalistes protestants, qui ont exécuté quatre catholiques depuis Noël, en publiant un plan de règlement politique qui pérennise en fait la partition de l’île. Quelques heures avant la rencontre, un homme a été tué par balles dans un quartier protestant de Belfast, selon la police qui n’a pu préciser immédiatement s’il s’agissait d’un meurtre sectaire, ou d’un règlement de comptes. Dans une tribune au quotidien nationaliste Irish News avant la rencontre avec Tony Blair, Gerry Adams souligne que «des propositions qui reviendraient à consolider la partition étaient vouées à l’échec». Il a réaffirmé «qu’aux yeux de nombreux nationalistes, le plan de règlement était un document favorables aux unionistes», partisans du maintien de l’Union de la province à la Grande-Bretagne. Dodie McGuinness, membre de la délégation du Sinn Fein aux pourparlers sur l’Ulster, a de son côté répété que le Sinn Fein, en dépit de ses objections, resterait à la table des pourparlers qui ont repris près de Belfast. Gerry Adams, accompagné de son numéro deux Martin McGuinness, était attendu lundi après-midi par Tony Blair et le ministre à l’Irlande du Nord Mo Mowlam, pour la deuxième fois en cinq semaines. Le plan de paix a été favorablement accueilli par les partis modérés de la province, à commencer par la première formation protestante, le Parti unioniste d’Ulster (UUP). Gerry Adams a rappelé que les négociations devaient prendre en compte les droits des nationalistes, la question de l’égalité entre catholiques et protestants, la démilitarisation de la province, et permettre de faire la vérité sur le «Bloody Sunday» (où 14 civils catholiques ont été tués par des parachutistes britanniques à Londonderry en 1972). Selon des sources gouvernementales, Londres pourrait bientôt ordonner une enquête sur le massacre, et présenter pour la première fois des excuses formelles aux familles des victimes. De son côté, John Hume, le leader du SDLP, le parti nationaliste catholique modéré, a estimé que le rejet par le Sinn Fein du plan anglo-irlandais ne signifiait pas la mort du processus: «Je crois qu’il est possible» de trouver un accord, a-t-il dit. La formule proposée par Londres et Dublin se veut un équilibre entre les aspirations de protestants et catholiques. Elle prévoit la juxtaposition de trois organes: un Parlement élu à la proportionnelle «qui devra recueillir le soutien des deux communautés», un Conseil ministériel et un Conseil des îles. Gerry Adams a estimé lundi que l’assemblée nord-irlandaise était «une concession faite aux Unionistes». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le premier ministre Tony Blair a reçu de nouveau hier à Downing Street les républicains catholiques du Sinn Fein, qui rejettent les grandes lignes du plan de paix sur l’Ulster de Londres et Dublin, et protestent contre une série de meurtres sectaires commis par des extrémistes protestants. L’aile politique de l’Armée républicaine irlandaise (IRA) estime que Londres et Dublin ont cédé à la campagne de violence des extrémistes dans le camp des loyalistes protestants, qui ont exécuté quatre catholiques depuis Noël, en publiant un plan de règlement politique qui pérennise en fait la partition de l’île. Quelques heures avant la rencontre, un homme a été tué par balles dans un quartier protestant de Belfast, selon la police qui n’a pu préciser immédiatement s’il s’agissait d’un meurtre sectaire, ou d’un...