Jean-Paul II foulera le 21 janvier le sol de Cuba la communiste, mais aussi une terre où ferveur religieuse et croyances multiples se mélangent dans un savant dosage «à la cubaine». La religion catholique figure en bonne place dans la société cubaine mais elle doit aussi composer avec des cultes les plus divers d’origine africaine, ou encore le bouddhisme, le judaïsme voire le culte vaudou ou le spiritisme, explique le spécialiste cubain Fernando Ortiz. Environ 15% des Cubains sont athés, un même pourcentage d’habitants de l’île se disent pratiquants d’une religion traditionnelle, mais l’écrasante majorité se reconnaît dans ce mélange à la cubaine de religions et croyances locales, baptisé «santeria». La croix catholique a débarqué à Cuba dans le sillage de Christophe Colomb le 27 octobre 1492 et les cultes africains un siècle plus tard avec l’arrivée des esclaves noirs. Ces derniers ont adapté leurs croyances à la réalité cubaine, principalement catholique, en empruntant par exemple l’image des saints patrons de l’Eglise pour faire accepter à leurs maîtres les divinités traditionnelles du continent noir, les orishas. Trois grands cultes ont ainsi émergé à Cuba au fil de l’histoire: la Règle de Ocha ou «santeria» cubaine, la Règle Conga ou Palomonte et les sociétés secrètes masculines Abakua. La santeria rend un culte à un groupe d’orishas aux différents attributs: Olofi, divinité centrale, Obatala, figure principale, symbole de la pureté et de l’autorité, Shango, dieu de la force, de la virilité et de la guerre, et Ochun, divinité des eaux douces, de la douceur et de la sensualité. Yemaya, un autre de ces orishas, veille sur les eaux profondes, Eleggua sur les routes et Oya est le dieu de la mort et des cimetières. La Règle Conga ou Palomonte rend surtout un culte aux forces naturelles, dont le centre est la «nganga», récipient contenant plusieurs éléments organiques et minéraux où est concentré le «fondamental» jalousement protégé par les prêtres, Tata Nganga. Enfin, il existe à Cuba 28 puissances qui regroupent les sociétés abakua, sectes secrètes masculines, basées sur l’entraide mais ayant aussi un fort contenu religieux. Alors que l’Eglise catholique a longtemps joué dans l’histoire cubaine un rôle conservateur, d’abord aux côtés des colons esclavagistes espagnols et ensuite aux côtés des classes possédantes, les adeptes de la santeria ou des autres cultes ont toujours maintenu un fort enracinement populaire, facilité par un contenu religieux relié à la vie quotidienne et à la nature.(AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Jean-Paul II foulera le 21 janvier le sol de Cuba la communiste, mais aussi une terre où ferveur religieuse et croyances multiples se mélangent dans un savant dosage «à la cubaine». La religion catholique figure en bonne place dans la société cubaine mais elle doit aussi composer avec des cultes les plus divers d’origine africaine, ou encore le bouddhisme, le judaïsme voire le culte vaudou ou le spiritisme, explique le spécialiste cubain Fernando Ortiz. Environ 15% des Cubains sont athés, un même pourcentage d’habitants de l’île se disent pratiquants d’une religion traditionnelle, mais l’écrasante majorité se reconnaît dans ce mélange à la cubaine de religions et croyances locales, baptisé «santeria». La croix catholique a débarqué à Cuba dans le sillage de Christophe Colomb le 27 octobre 1492 et les...