Le TPI va juger le massacre de 261 civils à Vukovar
le 17 janvier 1998 à 00h00
Le procès du Serbe de Croatie Slavko Dokmanovic, qui doit s’ouvrir le 19 janvier devant le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPI), sera consacré à l’un des épisodes les plus tragiques de la guerre serbo-croate: l’exécution de 261 civils par les forces serbes après la chute de Vukovar en 1991. Dokmanovic, 48 ans, est accusé d’avoir participé au massacre de ces civils, en majorité croates, qui se trouvaient dans l’hôpital de Vukovar (est de la Croatie), lors de la prise de la ville le 18 novembre 1991 par l’ex-armée yougoslave (JNA) et des groupes paramilitaires serbes. Selon l’accusation, Dokmanovic, 48 ans, était maire de Vukovar à l’époque des faits et directeur du domaine d’Ovcara, à une dizaine de km de la ville, là où ont été ensevelies les victimes. L’accusé n’était présent ni à Ovcara lors du massacre, ni lors de la prise de Vukovar, ayant quitté la ville cinq mois plus tôt, affirment ses avocats. Dokmanovic a annoncé son intention de plaider non coupable. Slavko Dokmanovic ne figurait pas sur la liste officielle des personnes inculpées par le TPI pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, mais sur une autre liste, tenue secrète. Il a été arrêté le 27 juin dernier près de Vukovar au cours d’une opération aux allures de guet-apens menée par les forces de l’ATNUSO (Administration transitoire de l’ONU pour la Slavonie). Son arrestation avait provoqué une vive protestation des autorités de Belgrade qui avaient alors exigé sa libération. La Yougoslavie (Serbie et Monténégro) a jusqu’à présent refusé de livrer au TPI trois officiers de la JNA accusés d’avoir participé à l’exécution des civils de Vukovar: Mile Mrksic, Miroslav Radcic et Veselin Sljivancanin. Pas d’extradition La Yougoslavie se retranche derrière sa Constitution qui lui interdit «d’extrader ses nationaux». Elle estime que les accords de Dayton ne l’obligent pas à coopérer avec le TPI. Le procès Dokmanovic risque d’embarrasser Belgrade, dans la mesure où l’armée yougoslave à l’époque répondait exclusivement devant les dirigeants serbes, et en premier lieu devant le président Slobodan Milosevic. «Il se pourrait bien qu’au fil des preuves, nous remontions jusqu’à Milosevic», avait affirmé en mai dernier le procureur-adjoint du Tribunal pénal international (TPI), l’Australien Graham Blewitt. La bataille de Vukovar a été l’un des moments majeurs de la guerre entre Serbes et Croates. La chute de la ville, après trois mois de siège, a permis au président croate Franjo Tudjman de sensibiliser la Communauté européenne (CEE, aujourd’hui l’Union européenne) au sort de la Croatie et a certainement contribué à accélérer le processus de reconnaissance de la Croatie par la CEE, intervenue en janvier 1992. (AFP)
Le procès du Serbe de Croatie Slavko Dokmanovic, qui doit s’ouvrir le 19 janvier devant le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPI), sera consacré à l’un des épisodes les plus tragiques de la guerre serbo-croate: l’exécution de 261 civils par les forces serbes après la chute de Vukovar en 1991. Dokmanovic, 48 ans, est accusé d’avoir participé au massacre de ces civils, en majorité croates, qui se trouvaient dans l’hôpital de Vukovar (est de la Croatie), lors de la prise de la ville le 18 novembre 1991 par l’ex-armée yougoslave (JNA) et des groupes paramilitaires serbes. Selon l’accusation, Dokmanovic, 48 ans, était maire de Vukovar à l’époque des faits et directeur du domaine d’Ovcara, à une dizaine de km de la ville, là où ont été ensevelies les victimes. L’accusé n’était...
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