Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

La visite du Pape à Cuba relance le débat sur l'embargo US

La visite à Cuba de Jean-Paul II, qui a toujours manifesté son hostilité au blocus américain de l’île, relance le débat sur l’embargo aux Etats-Unis où un assouplissement des sanctions est ouvertement discuté pour la première fois en plus de trente-cinq ans. L’embargo a été renforcé il y a près de deux ans par la controversée loi Helms-Burton qui a provoqué une levée de boucliers de la part de l’UE, mais aussi le Mexique et le Canada qui sont d’importants partenaires commerciaux de Cuba. Jean-Paul II s’est toujours montré hostile à l’embargo contre Cuba car l’Eglise catholique est traditionnellement opposée à toute sanction économique pouvant causer la souffrance des membres les plus vulnérables de la société. Peu avant la visite du leader cubain Fidel Castro au Vatican, en novembre 1996, le pape avait exprimé sa solidarité avec «les peuples qui sont victimes des embargos». Les vues du pape sur cette question sont partagées par une bonne partie de l’opinion publique américaine et des milieux d’affaires, sensibilisés notamment par un récent rapport de l’Association américaine de la santé dénonçant les conséquences désastreuses de l’embargo pour la population cubaine. Selon ce rapport, la pénurie de médicaments, de nourriture et de matériel en raison de l’embargo a provoqué «des souffrances inutiles et des morts» à Cuba. Au Congrès, plusieurs projets de loi, dont certains soutenus par des membres républicains du Congrès, ont vu le jour récemment pour tenter d’assouplir certaines dispositions de l’embargo, notamment l’importation par La Havane de vivres et de médicaments en provenance des Etats-Unis. Une chance «La visite du pape à Cuba est un appel à mieux faire» et «nous offre une chance d’abandonner une politique dépassée en nous engageant de manière constructive en faveur de progrès concrets dans les relations américano-cubaines», indique Charles Rangel, représentant démocrate de New York et promoteur d’un des projets de loi pour une levée partielle de l’embargo sur des bases humanitaires. La mort en novembre de Jorge Mas Canosa, leader de la communauté cubaine en exil qui incarnait la ligne la plus dure à l’égard du régime castriste, pourrait en outre favoriser l’aile modérée des anticastristes, déjà passablement divisés sur les effets de l’embargo et plus ouverte au dialogue. «La politique américaine envers Cuba n’a pas marché, ne marche pas et ne marchera pas tant que ses objectifs seront de promouvoir l’effondrement économique de l’île», indiquait récemment Alfredo Duran, responsable du Comité cubain pour la démocratie, à Miami. Dans un récent éditorial, le «New York Times» a appelé Washington à «renoncer à des approches qui n’ont ni entamé la tyrannie de Fidel Castro ni atténué les souffrances de son peuple». «En réalité, la loi Helms-Burton a fait plus de mal aux Etats-Unis qu’à M. Castro», indiquait le quotidien, en référence à l’isolement international de Washington sur cette question. La loi a été signée le 12 mars 1996, en pleine année électorale, par le président Clinton, après qu’un chasseur cubain eut abattu deux petits avions pilotés par une organisation anticastriste. M. Clinton a suspendu à trois reprises la clause la plus controversée de cette loi prévoyant de poursuivre en justice les entreprises étrangères utilisant à Cuba des biens confisqués aux Américains après la révolution. «M. Clinton ne soutient pas vraiment Helms-Burton et regrette probablement d’avoir signé la loi, mais cela lui était politiquement utile à l’époque», estime Ralph Galliano, responsable de l’institut US-Cuba, un centre de recherches sur les relations cubano-américaines. «Toute modification (des sanctions) ne peut être entreprise que dans le contexte de ce que la loi autorise», souligne toutefois Marc Thiessen, porte-parole de l’influente commission des Affaires étrangères du Sénat. En ce qui concerne Helms-Burton, «cela n’aura tout simplement pas lieu», assure-t-il. (AFP)
La visite à Cuba de Jean-Paul II, qui a toujours manifesté son hostilité au blocus américain de l’île, relance le débat sur l’embargo aux Etats-Unis où un assouplissement des sanctions est ouvertement discuté pour la première fois en plus de trente-cinq ans. L’embargo a été renforcé il y a près de deux ans par la controversée loi Helms-Burton qui a provoqué une levée de boucliers de la part de l’UE, mais aussi le Mexique et le Canada qui sont d’importants partenaires commerciaux de Cuba. Jean-Paul II s’est toujours montré hostile à l’embargo contre Cuba car l’Eglise catholique est traditionnellement opposée à toute sanction économique pouvant causer la souffrance des membres les plus vulnérables de la société. Peu avant la visite du leader cubain Fidel Castro au Vatican, en novembre 1996, le pape...