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Actualités - Chronologie

Trésors de guerre

Les députés de la Douma ont adopté une loi déclarant «propriété russe» toutes les œuvres d’art saisies par l’Armée rouge en Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale, une décision qui ne peut que provoquer la colère de Bonn. La loi, votée à la Chambre basse du Parlement par 291 voix pour, une voix contre et quatre abstentions, stipule que les œuvres saisies par l’Armée rouge «sont propriété de la Fédération de Russie». La loi s’applique à «tous les trésors culturels ramenés en URSS pendant la Seconde Guerre mondiale, quels que soient leurs propriétaires actuels ou les circonstances dans lesquelles elles ont été acquises». Elle vise à «interdire les exportations illégales de ces biens russes» et à permettre de les considérer «comme compensations des dommages causés à l’héritage culturel» de l’URSS pendant la guerre, précise la loi. Avant d’entrer en vigueur, le texte a dû obtenir l’approbation de la Chambre haute et la signature du président Boris Eltsine. Le Conseil de la Fédération (Chambre haute), sous la pression de la présidence, avait refusé d’entériner une première version de cette loi en juillet; Mais une commission de conciliation réunissant les deux Chambres a élaboré une nouvelle version tout aussi draconienne que la première. Le chancelier allemand Helmut Kohl était intervenu auprès de M. Eltsine. Sujet sensible En Russie, comme en Allemagne, le sujet est particulièrement sensible, et pour la plupart des Russes il ne fait pas de doute que ces œuvres d’art doivent rester en Russie, ne serait-ce qu’en mémoire des millions de morts soviétiques. Le ministre russe de la Culture, Evgueni Sidorov, a dernièrement accusé l’Allemagne de «ne faire aucune proposition sérieuse» sur le dossier. «Trente villes russes ont été éliminées de la surface de la terre (pendant la Seconde Guerre mondiale), des centaines de musées ont été pillés ou réduits en cendres. Qui va compenser ces pertes?» a-t-il lancé à une délégation allemande. La loi votée prévoit que seuls les biens représentant des archives ou des souvenirs familiaux, des lettres ou des photographies, pourront être restitués aux héritiers «pour des raisons humanitaires». Le texte stipule également «que seul un gouvernement pourra faire une demande de restitution». «Les demandes émanant de particuliers, de personnes juridiques, d’organisations publiques ou privées, ne seront pas prises en considération». Ce paragraphe laisse la place à des négociations de gouvernement à gouvernement. Mais l’ouverture est plus qu’étroite: pour récupérer les biens exigés, le gouvernement allemand devra fournir les preuves qu’il a déposé sa demande de restitution avant... le 1er février 1950, soit avant la signature du traité de paix avec l’URSS. L’Allemagne, principale victime des «razzias» de l’Armée rouge après la Deuxième Guerre mondiale, réclame la restitution de 200.000 pièces provenant des musées de Dresde, Berlin et Brême, 3 kilomètres d’archives et un demi-million de livres. Moscou, de son côté, a présenté à Bonn des requêtes concernant des objets de valeur dérobés en territoire soviétique par l’armée du 3e Reich. L’Allemagne et l’URSS avaient conclu en septembre 1990 un traité de coopération prévoyant la restitution mutuelle «d’œuvres d’art disparues et illégalement emportées», mais, depuis, les discussions piétinent. La guerre culturelle connaît régulièrement des rebondissements. Au grand dam des Allemands, les autorités russes avaient exposé l’an dernier au musée Pouchkine de Moscou le «Trésor de Priam», la partie la plus remarquable des trésors saisis par l’Armée rouge en mai 1945. Une autre exposition au musée de l’Ermitage de Saint-Petersbourg montrait, également pour la première fois, 74 tableaux français confisqués dans des collections privées allemandes en 1945, et dont l’existence était tenue secrète depuis 50 ans (AFP).
Les députés de la Douma ont adopté une loi déclarant «propriété russe» toutes les œuvres d’art saisies par l’Armée rouge en Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale, une décision qui ne peut que provoquer la colère de Bonn. La loi, votée à la Chambre basse du Parlement par 291 voix pour, une voix contre et quatre abstentions, stipule que les œuvres saisies par l’Armée rouge «sont propriété de la Fédération de Russie». La loi s’applique à «tous les trésors culturels ramenés en URSS pendant la Seconde Guerre mondiale, quels que soient leurs propriétaires actuels ou les circonstances dans lesquelles elles ont été acquises». Elle vise à «interdire les exportations illégales de ces biens russes» et à permettre de les considérer «comme compensations des dommages causés à l’héritage...