L'Eglise modérée du Brésil aux côtés des paysans sans terre
le 15 janvier 1998 à 00h00
L’Eglise brésilienne, dirigée par des modérés après plusieurs années d’orientation progressiste, continue à critiquer les inégalités sociales au Brésil et apporte un soutien à la lutte des paysans sans terre, à quelques jours de la première visite du pape Jean-Paul II à Cuba. En avril 1997, plus de 300 évêques brésiliens lançaient un avertissement au gouvernement social démocrate du président Fernando Henrique Cardoso assurant qu’au Brésil, premier catholique au monde, «la richesse continue d’augmenter alors qu’elle n’est toujours pas distribuée». Et de relever que M. Cardoso a été élu sur cinq programmes sociaux: l’emploi, l’éducation, la santé, l’agriculture et la sécurité. «Ce sont exactement les domaines où l’Etat a le moins investi», affirmaient-ils à l’occasion de leur rencontre d’Itaïci (Etat de Sao Paulo). Les évêques se sont montrés aussi réservés sur le programme de privatisations du gouvernement, l’un des points clés du plan de stabilisation économique de M. Cardoso, craignant qu’il entraîne le chômage. Ils ont également critiqué la structure agraire du pays, allant jusqu’à défendre les occupations de fermes agricoles en friche par les paysans sans terre comme «seul moyen de pression» pour faire plier le gouvernement et demander que l’église fasse don de quelque 76.000 hectares sur les 236.400 qu’elle possède à travers le Brésil. En fin d’année, Jean-Paul II a repris ce thème lors de sa visite à Rio pour la IIe Rencontre Mondiale des Familles. Dès son arrivée et face au président Cardoso, manifestement mal à l’aise, le pape a fermement mis en garde le gouvernement sur le danger d’entretenir les inégalités sociales au Brésil, où chaque année des centaines de milliers de fidèles déçus par l’église vont se réfugier dans des sectes évangélistes. Le message de Jean-Paul II a surpris plus sur la forme que sur le fond alors que le Parlement brésilien s’apprêtait à voter une loi sur l’avortement et que M. Cardoso venait de participer à la clôture des assemblées évangéliques de Dieu, courtisées par son Parti social démocrate brésilien (PSDB), avide de récupérer des voix. (AFP)
L’Eglise brésilienne, dirigée par des modérés après plusieurs années d’orientation progressiste, continue à critiquer les inégalités sociales au Brésil et apporte un soutien à la lutte des paysans sans terre, à quelques jours de la première visite du pape Jean-Paul II à Cuba. En avril 1997, plus de 300 évêques brésiliens lançaient un avertissement au gouvernement social démocrate du président Fernando Henrique Cardoso assurant qu’au Brésil, premier catholique au monde, «la richesse continue d’augmenter alors qu’elle n’est toujours pas distribuée». Et de relever que M. Cardoso a été élu sur cinq programmes sociaux: l’emploi, l’éducation, la santé, l’agriculture et la sécurité. «Ce sont exactement les domaines où l’Etat a le moins investi», affirmaient-ils à l’occasion de leur...
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