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Actualités - Chronologie

Le gouvernement béninois lave son linge sale

Le chef de l’Etat béninois, le général Mathieu Kérékou, a vertement tancé les membres de son gouvernement, pour tenter de mettre un terme aux règlements de compte ministériels sur la place publique. Simultanément, sur fond de corruption dans les entreprises publiques, les représentants de la société civile ont profité de la cérémonie traditionnelle des vœux au président pour demander des têtes au gouvernement. «Le bon sens et la rigueur exigent que les problèmes qui surgissent au sein d’une équipe gouvernementale soient posés et examinés, débattus et résolus en son sein», a déclaré à ses ministres le général Kérékou lors de cette cérémonie. Le président Kérékou n’a pas nommé les ministres incriminés, tandis que de son côté, le porte-parole de la société civile Me Florentin Feliho, a exprimé le souhait de voir l’équipe gouvernementale très prochainement remaniée. «Personne ne vous en voudra de remercier purement et simplement ceux de vos collaborateurs au gouvernement ou ailleurs qui, en vingt et un mois de gestion, auront été éclaboussés par des scandales aussi graves les uns que les autres. Nul doute que leur maintien dans le gouvernement de la république ne fera que le discréditer et découragera le peuple qui observe les désarrois des uns et les tribulations des autres», a notamment déclaré Me Feliho. «Tous en sont parfaitement conscients. Et ce ne sont pas leurs gesticulations puériles du moment qui changeront quoi que ce soit. Le succès de votre action à la tête de l’Etat passera nécessairement par la moralisation de la vie publique», a-t-il ajouté. Lutte contre la corruption Depuis quelques mois, le général Kérékou a engagé une lutte contre la corruption et la prévarication qui a coûté leur poste et des poursuites judiciaires pour «détournement et mauvaise gestion» à plusieurs directeurs d’entreprises publiques. En octobre, quatre directeurs généraux de sociétés d’Etat ont été révoqués pour avoir détourné et occasionné une perte de plus de 38 milliards de F CFA (380 millions de FF) en 17 mois de gestion. Mercredi, c’est le directeur du Trésor public qui a été révoqué pour avoir détourné à lui seul plus de trois milliards de F CFA. Revenant sur le manque de cohésion du gouvernement, le général a estimé que bon nombre de Béninois sont «en droit de se demander quelles sont les motivations véritables de ces comportements et de ces pratiques rétrogrades qui ne peuvent que porter atteinte à la crédibilité du gouvernement». Pour le chef de l’Etat béninois, «c’est toute la question de la nécessité d’une équipe gouvernementale cohérente qui se trouve ainsi posée». Le premier ministre, Adrien Hougbédji et le ministre du Plan, Albert Tévoédjrè, s’étaient affrontés par médias interposés, sur le processus de préparation du projet de budget. Rivalité paradoxale Cette rivalité avec le président Kérékou comme arbitre, est d’autant plus paradoxale qu’il y a quelques années, les deux hommes avaient en commun d’être opposants au régime du général Kérékou et qu’ils ont depuis appelé à voter pour lui, le faisant élire à la présidence au printemps 1996. M. Hougbédji s’était notamment plaint au cours d’une réunion avec les militants de son parti de n’avoir pas été «associé» à la préparation du budget 98 et d’avoir été à plusieurs reprises «court-circuité» par ses collègues du gouvernement. Il avait également indiqué que les députés de son parti à l’Assemblée, «qui ne sont pas des députés godillots, béni oui-oui», n’avaleraient «plus les couleuvres, s’il n’était pas associé aux grandes décisions qui engageaient le pays». De son côté, M. Tévoédjrè a déclaré à la presse que le premier ministre «faisait un poisson d’avril» en prétextant n’avoir pas participé à l’élaboration du budget. M. Hougbédji avait à nouveau répondu que le ministre du Plan, l’un des vétérans de la politique béninoise, ne se comportait pas comme «un doyen, un aîné au sein du gouvernement». Selon le général Kérékou, «rien de positif, de grand, de beau et de durable ne peut être accompli sans une totale solidarité et sans esprit d’équipe dans l’exercice de la fonction ministérielle». (AFP)
Le chef de l’Etat béninois, le général Mathieu Kérékou, a vertement tancé les membres de son gouvernement, pour tenter de mettre un terme aux règlements de compte ministériels sur la place publique. Simultanément, sur fond de corruption dans les entreprises publiques, les représentants de la société civile ont profité de la cérémonie traditionnelle des vœux au président pour demander des têtes au gouvernement. «Le bon sens et la rigueur exigent que les problèmes qui surgissent au sein d’une équipe gouvernementale soient posés et examinés, débattus et résolus en son sein», a déclaré à ses ministres le général Kérékou lors de cette cérémonie. Le président Kérékou n’a pas nommé les ministres incriminés, tandis que de son côté, le porte-parole de la société civile Me Florentin Feliho, a...