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Actualités - Chronologie

Centenaire du J'accuse de Zola dans l'affaire Dreyfus

Il y a un siècle, le 13 janvier 1898, l’écrivain français Emile Zola lançait son «J’accuse» à la Une du quotidien L’Aurore, une lettre ouverte au président de la République Félix Faure, défense vibrante du capitaine Dreyfus, accusé à tort d’avoir livré à l’état-major allemand des renseignements militaires et condamné en 1894 au bagne en Guyane. Alfred Dreyfus dont le seul «crime» aura été d’être juif, ne sera réhabilité qu’en 1906 et innocenté définitivement que 36 ans après les faits, en 1930. Pendant tout ce temps, l’affaire Dreyfus aura partagé le pays entier en deux clans, les «dreyfusards» et les «anti-dreyfusards», dont les affrontements furent violents. En décembre 1894, Alfred Dreyfus est dégradé publiquement après avoir été condamné pour espionnage avec l’Allemagne par le commandant Esterhazy — dont la culpabilité (au moins partielle) fut établie ultérieurement. Alors qu’Estherhazy est acquitté au soir du 11 janvier 1898, Emile Zola (1840-1902), auteur adulé, décide d’agir, comprenant qu’il n’y a rien à attendre des voies légales. Deux jours plus tard, Zola écrit un texte qui se veut provocateur par la virulence et le caractère diffamatoire de certains de ses propos. Il est publié en Une dans L’Aurore sous le titre devenu célèbre «J’accuse», trouvé par Georges Clémenceau alors directeur du journal. «La vérité est en marche» Utilisant toutes les armes de la rhétorique, il lance ce réquisitoire, qui débute par cette adresse au président: «Mais quelle tache de boue sur votre nom — j’allais dire sur votre règne — que cette abominable affaire Dreyfus! Un conseil de guerre vient par ordre, d’oser acquitter un Esterhazy, soufflet suprême à toute vérité, à toute justice. Et c’est fini, la France a sur la joue cette souillure, l’histoire écrira que c’est sous votre présidence qu’un tel crime social a pu être commis». Il rappelle ensuite les étapes de l’affaire, avant d’attaquer avec ses leitmotive, sorte de litanie finale rythmée par le même mot: «J’accuse le lieutenant-colonel du Paty de Clam…, «J’accuse le général Billot…». Une de ses formules passera à la postérité: «La vérité est en marche et rien ne l’arrêtera». Grâce à une publicité bien orchestrée, deux cent mille exemplaires partent en deux heures. Zola reçoit alors témoignages de soutien et, grâce au télégraphe, «J’accuse!…» a d’emblée une audience internationale. Pour d’autres, l’auteur est un «immondice vivant» et «il a cessé d’être Français, si toutefois il l’a jamais été, pour devenir juif. Son âme et son cerveau ne lui appartiennent plus». L’écrivain est condamné par la justice française et décide alors de partir précipitamment en Angleterre . Il meurt le 29 septembre 1902 sans avoir vu la réhabilitation de Dreyfus, qui sera prononcée en 1906. Le centenaire du «J’accuse» de Zola va donner en France lieu à de nombreuses manifestations, publications, colloques, émissions, spectacles et cérémonies. (AFP)
Il y a un siècle, le 13 janvier 1898, l’écrivain français Emile Zola lançait son «J’accuse» à la Une du quotidien L’Aurore, une lettre ouverte au président de la République Félix Faure, défense vibrante du capitaine Dreyfus, accusé à tort d’avoir livré à l’état-major allemand des renseignements militaires et condamné en 1894 au bagne en Guyane. Alfred Dreyfus dont le seul «crime» aura été d’être juif, ne sera réhabilité qu’en 1906 et innocenté définitivement que 36 ans après les faits, en 1930. Pendant tout ce temps, l’affaire Dreyfus aura partagé le pays entier en deux clans, les «dreyfusards» et les «anti-dreyfusards», dont les affrontements furent violents. En décembre 1894, Alfred Dreyfus est dégradé publiquement après avoir été condamné pour espionnage avec l’Allemagne par le...