Un point-clé de la dépendance à la nicotine a été découvert dans le cerveau par des chercheurs français, selon une étude publiée jeudi dans la revue britannique Nature. Cette identification d’«une pièce maîtresse de la dépendance à la nicotine, dénommée «sous-unité bêta-2», chez des souris pourrait déboucher sur de nouvelles méthodes de sevrage des fumeurs», a expliqué Clément Léna, un des chercheurs de l’équipe de neurologie moléculaire de l’Institut Pasteur (Paris) dirigée par le Pr Jean-Pierre Changeux. Ce travail a été mené en collaboration avec le Karolinska Institutet (Stockholm) et la contribution d’un chercheur des laboratoires Glaxo-Wellcome. Comme pour d’autres drogues (cocaïne, alcool, amphétamines), la consommation de la nicotine est liée à sa capacité à entraîner le largage d’une substance, la dopamine, dans une région du cerveau (le «nucleus accumbens») impliquée dans les processus de motivations. Cette propriété de la nicotine est due à sa grande affinité pour des récepteurs situés à la surface des neurones, producteurs de dopamine. La bêta-2 est indispensable à l’action de la nicotine. Elle se lie aux récepteurs, dont bêta-2 est un composant essentiel. Le récepteur convertit l’information chimique en information électrique qui aboutit au relargage de dopamine. Résultat: le désir de fumer est renforcé. En revanche, ont montré les chercheurs, les souris mutantes, dépourvues de bêta-2, sont insensibles à la nicotine et cessent de s’en auto-injecter. La nicotine n’augmente pas leur niveau de dopamine. Par contre, leur intérêt pour la cocaïne n’est pas diminué. «Cette recherche, qui confirme indubitablement que la nicotine est une drogue, ouvre de nouvelles pistes pour l’utilisation des effets bénéfiques de la nicotine sur la mémoire ou l’attention, en évitant ses effets négatifs (cardio-vasculaires, dépendance...)», commente Clément Léna. Des composés nicotiniques sont d’ailleurs à l’étude pour tenter d’améliorer les capacités de mémorisation dans la maladie d’Alzheimer, notamment par les laboratoires américains Abbott. La dopamine intervient dans l’activité motrice, son excédant est associé à la schizophrénie, son défaut à la maladie de Parkinson. Ce travail ouvre la perspective d’une recherche génétique humaine pour élucider les différences de dépendance à la nicotine entre individus qui pourraient être liées à ces sous-unités bêta-2. A terme, il serait possible de se passer des timbres ou des gommes à mâcher à la nicotine pour le sevrage, en utilisant une molécule n’ayant pas les contre-indications de la nicotine. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Un point-clé de la dépendance à la nicotine a été découvert dans le cerveau par des chercheurs français, selon une étude publiée jeudi dans la revue britannique Nature. Cette identification d’«une pièce maîtresse de la dépendance à la nicotine, dénommée «sous-unité bêta-2», chez des souris pourrait déboucher sur de nouvelles méthodes de sevrage des fumeurs», a expliqué Clément Léna, un des chercheurs de l’équipe de neurologie moléculaire de l’Institut Pasteur (Paris) dirigée par le Pr Jean-Pierre Changeux. Ce travail a été mené en collaboration avec le Karolinska Institutet (Stockholm) et la contribution d’un chercheur des laboratoires Glaxo-Wellcome. Comme pour d’autres drogues (cocaïne, alcool, amphétamines), la consommation de la nicotine est liée à sa capacité à entraîner le largage...