Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Les dauphins du Mékong en voie d'extinction au Cambodge

Une des créatures les plus mystérieuses de la planète, les dauphins du Mékong, est en voie de disparition au Cambodge, comme au Laos voisin, et un groupe de scientifiques a débuté un programme d’urgence pour les sauver. Ces dauphins, une variété de dauphins d’eau douce connue sous le nom de dauphins Irrawaddy, de taille plus petite et plus sauvages que les dauphins de mer, se dénombraient autrefois par milliers de la frontière laotienne au delta, au Vietnam. Aujourd’hui, selon les spécialistes, ils sont en déclin rapide et leur nombre total ne dépasserait pas dans cette région la soixantaine. Ils sont notamment l’un des attraits touristiques du discret Laos, où une vingtaine s’ébattent au sud des infranchissables chutes de Khong, dans les eaux marquant la frontière avec le Cambodge. Ils y font l’objet d’une surveillance attentive de la part du ministère laotien de la Pêche et d’une ONG canadienne. Au Cambodge, six d’entre eux font de régulières apparitions l’après-midi près d’un village à 17 km en amont de la ville de Kratié, dans le nord-est du Cambodge. C’est à Kratié même que 130 officiels, pêcheurs et scientifiques venus des quatre coins du monde se sont rencontrés le mois dernier pour discuter de la manière de préserver les mammifères. Le principal problème auquel il faut faire face est le manque d’information, selon le directeur de l’Institut pour l’habitat Khmer (IHK), Outey Mea. «Si rien n’est fait, les dauphins disparaitront totalement du Cambodge d’ici sept à dix ans», estime-t-il. L’ignorance est si grande que des pêcheurs cambodgiens crédules les prennent encore parfois pour des esprits ou des sirènes, voire le mythique «naga» ou serpent géant qui est en Asie un peu l’équivalent du monstre du Loch Ness européen. Dans un pays où des centaines de milliers de personnes ont disparu sans laisser de trace sous un régime de terreur, il n’est pas surprenant que le sort des dauphins soit passé inaperçu. Mais, alors que le pays cherche à se reconstruire, les Cambodgiens s’intéressent de nouveau à leur patrimoine naturel. Un responsable scientifique de premier plan des pêches cambodgiennes, Touch Tana, réclame une action immédiate. «De plus en plus sont retrouvés morts chaque année», a-t-il indiqué à Kratié. Il a précisé que les dauphins étaient notamment victimes de la pêche au filet, mais surtout à la dynamite. La pollution des petites industries et des vedettes rapides hors-bord ont également un effet négatif, selon cet expert, et il arrive même que les dauphins soient la cible de soldats éméchés. Par ailleurs, selon les scientifiques, on sait peu de choses sur la vie, l’habitat et les habitudes alimentaires de cette variété de dauphins. Leur présence est cependant connue également dans le sud de l’Australie, la Birmanie, le Gange. Leur nom d’Irrawaddy vient du grand fleuve birman où ils ont été pour la première fois repérés. Ils vivraient une quarantaine d’années, les femelles enfantant tous les deux ans. Ce faible potentiel de reproduction explique aussi leur vulnérabilité. Plus petits que les dauphins de mer, ils ont cependant la même tête arrondie et utiliseraient une forme de sonar pour se diriger. Une organisation non gouvernementale japonaise, Human Animal Bond for the 21st Century (IKH, L’homme et l’animal ensemble pour le XXIe siècle) récolte des fonds pour ouvrir dans un an un centre de recherche pour l’étude et la protection des dauphins. (AFP)
Une des créatures les plus mystérieuses de la planète, les dauphins du Mékong, est en voie de disparition au Cambodge, comme au Laos voisin, et un groupe de scientifiques a débuté un programme d’urgence pour les sauver. Ces dauphins, une variété de dauphins d’eau douce connue sous le nom de dauphins Irrawaddy, de taille plus petite et plus sauvages que les dauphins de mer, se dénombraient autrefois par milliers de la frontière laotienne au delta, au Vietnam. Aujourd’hui, selon les spécialistes, ils sont en déclin rapide et leur nombre total ne dépasserait pas dans cette région la soixantaine. Ils sont notamment l’un des attraits touristiques du discret Laos, où une vingtaine s’ébattent au sud des infranchissables chutes de Khong, dans les eaux marquant la frontière avec le Cambodge. Ils y font l’objet d’une...