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Actualités - Chronologie

Café, Kacha et miel pour le traditionnel Bania russe

La «guerre noire» n’est pas celle d’un mineur remonté tout juste du puits, mais le joli visage de Tatiana, sortie du bain et recouverte de marc de café: les rites du bania (bain de vapeur) remontent à la nuit des temps russes et s’inspirent toujours des recettes de grand-mères. La fréquentation des «bani» grimpe pour les fêtes de fin d’année et du Noël orthodoxe (le 7 janvier). Et le film, qui depuis 20 ans chaque année marque l’entrée dans l’an neuf à la télévision russe, «Ironie du destin», commence aux bains... et à la vodka, les deux mamelles de la tradition russe. Si avec la «Nouvelle Russie», les produits cosmétiques de luxe sont entrés en force chez les jeunes élégantes du pays et inondent les étals, au «bania», c’est le produit naturel, celui des cuisines, qui règne. «Il faut se couvrir de gros sel, pour mieux transpirer», relève Iouna, attachée de presse d’une trentaine d’années. Et «de miel» pour nourrir la peau». Les peelings au café sont également monnaie courante et laissent une peau douce comme la soie. «Certaines se couvrent de kacha (bouillie), de flocons d’avoine ou Dieu sait quoi. Elles ne savent même pas pourquoi», commente Alexandre Seliverstov, qui travaille aux Bains Astrakhan à Moscou. Bonnet de feutre sur la tête pour protéger ses cheveux et... éviter les remontrances des matrones, sandalettes de plastique aux pieds, les corps nus transpirent en silence («chut, les filles, on se tait»), baignés par l’odeur de la menthe projetée par gouttelettes sur les murs. On initie au cérémonial les enfants, autorisés à s’asseoir sur les marches les plus basses — les moins chaudes — de l’escalier de bois. Puis on se flagelle mutuellement avec vigueur. «Les meilleurs Viéniki (petits balais de feuillage) sont ceux faits de bouleaux», l’arbre roi des forêts de Russie, réputé pour ses vertus médicales, affirme Evguenia, employée des Bains de Krasnopresnenskaïa. Le Viénik masse et soigne. Il fait surtout circuler le sang. Puis courageusement, rouges de chaleur, on entre dans la piscine d’eau glacée. Et autour des bassins qui jonchent le sol carrelé, on se frotte, se lave, s’enduit de crème et papote entre filles. Une compétition Entre deux bains de vapeur, préparés à tour de rôle par une experte qui alimente le poêle, les femmes se vêtent d’un drap de coton et vont prendre une tasse de thé ou un verre de kvass (boisson traditionnelle à base de houblon). Chez les hommes, la préférence des baigneurs va à la bière ou la vodka. Et les mêmes gestes se répètent de semaine en semaine. «La bania, c’est la source de la bonne santé», affirme le sens commun. C’est parfois une compétition. Les jeunes femmes riches s’observent en coin pour s’assurer qu’elles sont les plus élancées ou les mieux bronzées, de retour des Bahamas. Ou une cérémonie officielle. C’est au bania — privé cette fois, ou réservé pour l’occasion — qu’on emmène l’étranger, pour connaître sa nature réelle avant de signer avec lui un contrat important. «Dans les villes de province, je n’ai jamais rien signé sans avoir subi le test du bania», relève un architecte indépendant. C’est aussi au bania que le président Boris Eltsine emmène les hommes d’Etat étrangers dont il est le plus proche, en marge des visites officielles. Le chancelier Helmut Kohl en a eu plusieurs fois les honneurs. C’est enfin parfois à cause du bania que certains hommes politiques ont vu leur carrière stoppée nette. Comme l’ex-ministre de la Justice, Valentin Kovalev, suspendu de ses fonctions après la diffusion d’images le montrant en compagnie galante dans un bania de la capitale. (AFP)
La «guerre noire» n’est pas celle d’un mineur remonté tout juste du puits, mais le joli visage de Tatiana, sortie du bain et recouverte de marc de café: les rites du bania (bain de vapeur) remontent à la nuit des temps russes et s’inspirent toujours des recettes de grand-mères. La fréquentation des «bani» grimpe pour les fêtes de fin d’année et du Noël orthodoxe (le 7 janvier). Et le film, qui depuis 20 ans chaque année marque l’entrée dans l’an neuf à la télévision russe, «Ironie du destin», commence aux bains... et à la vodka, les deux mamelles de la tradition russe. Si avec la «Nouvelle Russie», les produits cosmétiques de luxe sont entrés en force chez les jeunes élégantes du pays et inondent les étals, au «bania», c’est le produit naturel, celui des cuisines, qui règne. «Il faut se...