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Actualités - Chronologie

L'Italie s'inquiète d'un exode massif des kurdes sur ses côtes

La récente arrivée de plus d’un millier de Kurdes sur les côtes du sud de l’Italie a suscité de l’inquiétude dans la péninsule où l’on craint de devoir affronter seul un exode massif d’immigrés. «Nous ne pouvons plus continuer ainsi. Il faut envoyer l’armée patrouiller sur nos côtes», n’a pas craint d’affirmer l’archevêque de Foggia, Mgr Giuseppe Casale, pourtant à la pointe de l’aide prodiguée sans compter aux réfugiés. Depuis fin décembre, le sud de l’Italie, qui avait déjà dû faire face au printemps à une vague d’immigration albanaise de grande ampleur, est confronté à un exode massif de Kurdes. Le 27 décembre, 831 clandestins kurdes ont débarqué en Calabre, la nuit du Nouvel an, 386 nouveaux immigrés, notamment Kurdes, sont arrivés sur les côtes des Pouilles. Dans le camp de réfugiés de San Foca, station balnéaire désertée l’hiver, à une trentaine de kilomètres au sud de Lecce (sud), où ont été accueillis les 231 Kurdes qui se trouvaient parmi les 386 réfugiés débarqués la nuit de la Saint-Sylvestre, de folles rumeurs avancent que des bateaux chargés de réfugiés ont appareillé, ou sont sur le point de le faire, dans plusieurs ports turins. L’accueil des réfugiés repose essentiellement sur des volontaires d’organisations caritatives catholiques, comme la Caritas, ou sur la bonté des méridionaux italiens qui n’ont pas cessé d’envoyer ces derniers jours nourriture, vêtements et jouets pour les réfugiés kurdes. «Nous sommes au maximum de nos capacités et de nos forces», raconte un jeune volontaire de la Protection civile de San Foca, Gian Pio De Meo. Ce jeune objecteur de conscience travaille jour et nuit avec une dizaine d’autres volontaires, dont des scouts, pour s’occuper des 73 enfants présents à San Foca. La gentillesse des Italiens Le bâtiment de San Foca qui accueille les réfugiés, un ancien centre de vacances baptisé Casa Regina Pacis, est décrépi et mal adapté. «Les toilettes sont en mauvais état et trop peu nombreuses, l’eau chaude est insuffisante pour tous», reconnaît le jeune volontaire de la Protection civile en décrivant le centre dont l’intérieur est strictement interdit d’accès à la presse. Plus de 200 personnes dont une cinquantaine de femmes vivent recluses dans le centre de San Foca. Toutes d’origine kurde, elles viennent de Turquie, d’Irak ou d’Iran. Au moins cinq dialectes différents sont parlés par ces réfugiés de confession chrétienne ou musulmane. «Nous attendons toujours, dans la région, l’ouverture de trois nouveaux centres d’accueil promis par l’Etat», s’est plaint l’archevêque d’Otrante, Mgr Franco Carucci. «Dans les centres de la Caritas, nous assistons encore une fois à des scènes de grande abnégation et les forces de sécurité se comportent avec une grande humanité», a estimé le prélat avant d’ajouter avec amertume: «il n’empêche que nos structures sont complètement inadaptées pour des situations de ce genre». Toutes ces inquiétudes n’atteignent pas les réfugiés qui sont unanimes à louer la «gentillesse» des Italiens à leur égard. Dans le camp de San Foca, tous les Kurdes citent volontiers l’histoire de Nezbir, petite fille d’un an qui ne pesait que quatre kilos à son arrivée en raison d’une malnutrition chronique. Depuis qu’elle est à l’hôpital de Maglie, au sud de Lecce, Nezbir a repris 500 grammes. Les parents de Nezbir qui ont perdu deux autres enfants pendant la traversée de la Turquie vers l’Italie disent maintenant que «Nezbir représente l’espérance». «Sa vie signifie que nous pouvons encore croire dans le futur», disent-ils avec l’assentiment de leurs compatriotes qui rêvent tous d’une nouvelle vie dans «l’Eldorado européen». (AFP)
La récente arrivée de plus d’un millier de Kurdes sur les côtes du sud de l’Italie a suscité de l’inquiétude dans la péninsule où l’on craint de devoir affronter seul un exode massif d’immigrés. «Nous ne pouvons plus continuer ainsi. Il faut envoyer l’armée patrouiller sur nos côtes», n’a pas craint d’affirmer l’archevêque de Foggia, Mgr Giuseppe Casale, pourtant à la pointe de l’aide prodiguée sans compter aux réfugiés. Depuis fin décembre, le sud de l’Italie, qui avait déjà dû faire face au printemps à une vague d’immigration albanaise de grande ampleur, est confronté à un exode massif de Kurdes. Le 27 décembre, 831 clandestins kurdes ont débarqué en Calabre, la nuit du Nouvel an, 386 nouveaux immigrés, notamment Kurdes, sont arrivés sur les côtes des Pouilles. Dans le camp de...