Le fils du ministre britannique de l'intérieur vendait de la drogue
le 03 janvier 1998 à 00h00
Le gouvernement de Tony Blair s’est retrouvé hier aux prises avec une nouvelle affaire embarrassante avec la révélation autorisée par la justice de l’implication du fils du ministre de l’Intérieur Jack Straw dans une affaire de trafic de drogue. Le fils du ministre, William, s’est fait piéger par une journaliste du quotidien populaire «Mirror» à qui il a vendu une petite quantité de cannabis (1,92 gr) pour 10 livres (16 dollars) sans savoir qui elle était. Prévenu par le journal, le père avait lui-même conduit son fils au commissariat pour qu’il confesse son délit. Depuis Noël, la presse s’est saisie de cette affaire sans pouvoir divulguer le nom du ministre, l’adolescent, âgé de 17 ans, étant protégé par la loi anglaise qui interdit la publication de l’identité des mineurs auteurs présumés d’infractions. Mais hier un magistrat a décidé de lever l’interdiction, le secret étant devenu purement formel après la publication le jour même du nom du ministre dans trois journaux écossais, qui ne sont pas soumis à la loi anglaise, dans deux médias irlandais et un journal français. Son nom était aussi accessible sur Internet. Il serait absurde que l’identité du ministre puisse être publiée en Ecosse et pas en Angleterre, a estimé le juge. Les avocats du ministre n’ont pas fait appel. En début de semaine, le journal populaire «The Sun» s’était vu interdire par les juges de publier le nom du ministre mais il avait fait appel de la décision au nom du sacro-saint droit de ses lecteurs à l’information. C’est cet appel qui a permis de lever le veto. L’affaire est embarrassante à plus d’un titre pour le premier ministre Tony Blair. Jack Straw est un de ses ministres les plus en vue. Réputé pour sa poigne de fer, il s’est érigé depuis l’arrivée au pouvoir des travaillistes en champion de la lutte contre la drogue et la délinquance juvénile, chassant sans état d’âme sur les terres des conservateurs. Il a mis au point une série de nouvelles lois extrêmement sévères contre les mineurs délinquants incluant notamment des couvre-feux pour les adolescents et des peines de prison pour les parents défaillants qu’il compte faire voter par le Parlement dans les mois qui viennent. A peine son nom divulgué, Jack Straw a cependant reçu le soutien immédiat et inconditionnel du porte-parole de Tony Blair: «Jack Straw s’est comporté honorablement et correctement tout au long de cette affaire. Cela a été très dur pour lui et sa famille. Le premier ministre lui a apporté tout son soutien et continuera à le faire», a déclaré le porte-parole. Dans une conférence de presse convoquée à la hâte, le ministre de l’Intérieur a affirmé qu’il ne demanderait aucune faveur pour son fils mais qu’il souhaitait aussi que ce dernier ne soit pas victime de la position de son père. Il s’est dit «choqué» mais aussi «soulagé» de pouvoir s’exprimer ouvertement sur l’affaire. Deux jours plus tôt, il avait donné une interview «anonyme» à un quotidien pour dire qu’il souhaitait que son nom soit publié si la justice l’autorisait. Le scandale qui touche Jack Straw vient s’ajouter à une liste qui commence à être assez fournie d’affaires pour le moins gênantes pour Tony Blair. Le premier ministre a déjà subi les retombées dans les sondages de popularité du don de 1 million de livres accordé par Bernie Ecclestone, le patron de la Formule 1, au Parti travailliste. Don qui avait été suivi quelques mois plus tard d’une décision du gouvernement d’exempter la Formule 1 de l’interdiction de faire de la publicité pour le tabac. Début décembre, Tony Blair a dû aussi voler au secours d’un autre de ses ministres, Geoffrey Robinson, secrétaire d’Etat au Trésor, qui avait placé des sommes importantes dans des paradis fiscaux avant d’être appelé par M. Blair au gouvernement pour gérer les finances publiques. (AFP)
Le gouvernement de Tony Blair s’est retrouvé hier aux prises avec une nouvelle affaire embarrassante avec la révélation autorisée par la justice de l’implication du fils du ministre de l’Intérieur Jack Straw dans une affaire de trafic de drogue. Le fils du ministre, William, s’est fait piéger par une journaliste du quotidien populaire «Mirror» à qui il a vendu une petite quantité de cannabis (1,92 gr) pour 10 livres (16 dollars) sans savoir qui elle était. Prévenu par le journal, le père avait lui-même conduit son fils au commissariat pour qu’il confesse son délit. Depuis Noël, la presse s’est saisie de cette affaire sans pouvoir divulguer le nom du ministre, l’adolescent, âgé de 17 ans, étant protégé par la loi anglaise qui interdit la publication de l’identité des mineurs auteurs présumés...
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