La crise qui affecte les marchés financiers et monétaires asiatiques a fait perdre de son éclat à l’industrie israélienne du diamant, qui n’a pas le moral pour la nouvelle année.
«Nos ventes à l’étranger ont certes battu leur record cette année avec un montant estimé de 4,1 milliards de dollars contre 4 milliards en 1996, mais nous avons subi une chute brutale des commandes asiatiques au deuxième semestre», a indiqué M. Tzafir Ambar, le contrôleur de la bourse des diamants à Ramat Gan dans la banlieue de Tel-Aviv.
«En cas d’incertitude, les consommateurs renoncent en premier lieu à leurs achats de produits de luxe tels que les diamants», ajoute ce haut fonctionnaire. Ce net ralentissement devrait se poursuivre au moins durant tout le premier semestre de l’an prochain, prévoit-il.
Le recul en Asie s’est fait sentir notamment au Japon qui avait connu un véritable engouement pour les diamants au début des années 90.
«En 1997, nos ventes qui n’avaient cessé de monter ces dernières années sont inférieures à un demi-milliard de dollars au Japon alors qu’elles avaient atteint 700 millions de dollars en 1996», déplore Yigal Heussman, président de l’Association des Diamantaires israéliens.
Des professionnels, qui avaient reçu ces derniers mois des commandes en provenance de Corée du Sud, ont préféré conserver leurs marchandises de plusieurs dizaines de millions de dollars faute d’avoir obtenu des lettres de crédits de leurs clients, précise M. Heussman.
Les ventes de diamants à la Corée du Sud se sont ainsi effondrées à 1,2 M USD en novembre contre 3,1 M USD durant le même mois de 1996. Les exportations vers Hong-Kong, centre de redistribution pour le sud-est asiatique, ont reculé de près de moitié ce même mois, pour atteindre 28 M USD.
Un boom de plus de 20 pc des ventes aux Etats-Unis, le plus important marché mondial, a compensé les mauvaises performances en Asie. Pour la première fois, les exportations de diamants israéliens vers le marché américain devraient dépasser la barre des 2 milliards USD en 1997, estime M. Anbar. Les ventes en Europe sont, de leur côté, restées à peu près stables.
«L’augmentation spectaculaire des ventes de diamants aux Etats-Unis a malheureusement provoqué une concurrence féroce entre les professionnels israéliens et étrangers, qui se livrent à une guerre de prix dommageable pour tout le secteur», souligne M. Anbar.
L’industrie du diamant a d’ailleurs continué à licencier massivement. Les ateliers de taille de Tel-Aviv n’emploient plus que 7.000 artisans, contre près du double il y a cinq ans, précise M. Heussman.
Pour réduire leurs coûts de production, les professionnels ont recours à l’arme de la délocalisation. «La taille des petites pierres, inférieures au demi-carat, nécessite beaucoup de mains-d’œuvre et a été en partie transférée vers la Thaïlande, la Chine, le Sri Lanka ou la Russie, où les salaires sont très inférieurs», indique le président de l’Association des Diamantaires.
Israël se fournit en diamants bruts à hauteur de 80 pc, directement ou via des intermédiaires établis à Londres ou à Anvers, auprès de la De Beers, le conglomérat anglo-sud-africain qui contrôle la plus grande partie du marché mondial. Les 20 pc restants proviennent de Russie, de pays africains tels que l’Angola, ou d’Australie. (AFP)


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