En remportant à Paris dans la catégorie des plus de 95 kg son quatrième titre mondial, le Normand a également entraîné dans son sillage les équipes de France masculine et féminine qui talonnent le Japon à l’heure des bilans mondiaux. Aux championnats du monde organisés par la Fédération française de judo (FFJDA), les tricolores n’ont fini qu’à une petite longueury une médaille de bronze — de leurs rivaux nippons.
La saison se présentait pourtant mal pour David Douillet. Après avoir été sacré champion olympique des lourds aux JO de l’été 1996, il se blessait grièvement l’automne suivant dans un accident de moto, une épaule et un mollet touchés, son programme de préparation hivernale bouleversé et une grosse interrogation sur son avenir sportif.
«Cela a peut-être été un mal pour un bien», a expliqué Douillet. «Après Atlanta, je me demandais où trouver la motivation pour continuer. J’avais atteint tous mes objectifs. Revenir au meilleur niveau pour être performant à Paris a été un vrai challenge et j’ai réussi mon pari».
Sur les tatamis parisiens, Douillet est allé conquérir son quatrième titre mondial, témoignant de ressources physiques et d’une motivation exemplaires qui le font entrer dans l’histoire de son sport comme un athlète hors du commun.
Marie-Claire Restoux a elle aussi confirmé son statut de championne d’exception en remportant à Bercy son deuxième titre mondial en moins de 52 kg, après avoir décroché l’or olympique en Géorgie.
Plus que le titre, c’est la manière qui aura frappé les esprits. A deux reprises — notamment en finale —, Restoux était largement menée à quelques secondes de la fin du combat. A deux reprises, elle sut porter l’attaque décisive pour rester invaincue et monter sur la plus haute marche du podium.
Le dopage assombrit
le tableau
Le judo français se porte donc bien et n’a jamais été aussi près de ravir au Japon sa suprématie incontestée depuis la naissance de ce sport.
Car aux performances incontestables des indétrônables Douillet et Restoux sont venues s’ajouter celles de Christine Cicot et de Séverine Vandenhende, respectivement vainqueurs des titres mondiaux en plus de 72 kg pour la Bordelaise (33 ans) et en moins de 61 kg pour la jeune Nordiste, de dix ans sa cadette.
La seule ombre au tableau d’honneur tricolore reste l’«affaire» Djamel Bouras. Le champion olympique et vice-champion du monde des moins de 78 kg de Givors a subi un contrôle positif à la nandrolone - hormone dont la production endogène n’est connue que chez les chevaux et les femmes enceintes — huit jours avant les championnats du monde organisés par sa fédération.
Depuis le début, Djamel Bouras clame son innocence et multiplie les contre-expertises — toutes négatives — afin de le démontrer.
Mais son discours est contradictoire: s’il s’appuie sur les résultats négatifs obtenus en contre-expertises, il évoque aussi la possibilité d’une production endogène de nandrolone, hypothèse biologiquement invalide.
Quoi qu’il en soit, la fédération française lui a accordé à l’issue de la réunion de la commission antidopage du 18 décembre un sursis de quatre mois durant lequel il devra prouver son innocence.
Si Djamel Bouras ne peut apporter aucun élément nouveau, il risque jusqu’à trois ans de suspension, synonyme de fin de carrière. (Reuters)


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