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Actualités - Chronologie

Citoyen-soldat, le suisse vit et meurt avec son arme



Il trône sur les cheminées ou s’empoussière dans les greniers, mais on le trouve dans tous les chalets suisses: le «Fass 90», fusil d’assaut dont le citoyen helvétique ne se sépare qu’à sa mort, fait partie de l’inventaire national au même titre que le couteau, le coucou et les abris anti-atomiques.
Une fois par an, le citoyen-soldat suisse graisse la culasse de son fusil, en nettoie le magasin, puis il embrasse sa famille et se rend au stand de tir pour «les 20 coups obligatoires».
S’il ne rate pas la cible «plus de trois fois» et engrange 42 points, il pourra remiser son arme jusqu’à l’année suivante. Sinon, il lui faudra payer lui-même ses cartouches jusqu’à la réussite, sanctionnée par un tampon sur son «livret de performances militaires».
Outre le fusil, le milicien suisse possède chez lui des cartouches dans des boîtes scellées pour éviter tout usage délictueux.
De même son masque à gaz est équipé par l’armée d’une sécurité pour éviter son utilisation, en temps de paix, lors de manifestations reprimées au gaz lacrymogène.
Après une vingtaine d’années, c’est-à-dire lorsqu’il atteint 40 ans, le Suisse n’est plus soumis au tir obligatoire annuel, mais le fusil reste sa propriété jusqu’à sa mort.
Institution plus que centenaire, le tir obligatoire répond aujourd’hui moins à des considérations stratégiques qu’à un rituel de cohésion sociale dans ce pays éclaté en 26 cantons où l’on parle quatre langues.
C’est une très bonne affaire pour les fabricants de cartouches et les sociétés de tir, ce qui explique qu’il ait survécu à la grande réforme «Armée 95», qui a été accompagnée de sévères coupes budgétaires.
Cette année près de 350.000 soldats ont pris part à cet exercice destiné «à développer l’adresse des militaires au tir dans l’intérêt de la défense nationale», selon un document du ministère de la Défense.
A 38 centimes la cartouche, les fabricants ont touché de la Confédération helvétique plus de 7 millions de francs suisses (5 millions de dollars).
A raison de 18 francs d’indemnité par tireur, les 4.000 sociétés de tir, véritables institutions dans les campagnes suisses, ont récolté six millions.
Dans les grandes villes, les plus jeunes ont tendance à attendre le dernier moment pour effectuer leur tir, malgré les affiches apposées dans les rues pour leur rappeler ce devoir annuel. Ils sont convoqués à des épreuves pour retardataires sous peine d’amendes de 80 à 400 francs. A Genève, elles rapportent 150.000 francs suisses par an.
Tout citoyen suisse doit effecteur à 20 ans une période militaire de 15 semaines. Il reçoit ensuite une affectation dans une unité où il servira jusqu’à l’âge de 40 ans à raison de 10 périodes de 19 jours.
Les exercices de tir ont lieu en dehors de ces périodes qui désorganisent régulièrement le calendrier des sociétés et des administrations.
Le recrutement des officiers de réserve est plus ou moins calqué sur la hiérarchie de la société civile, car il serait inconvenant qu’un banquier reçoive des ordres d’un préposé au guichet.
Il y a 2.200 officiers et 5.800 sous-officiers parmi les 400.000 miliciens. Le noyau professionnel de l’armée est limité à 2.500 hommes.
Deux citoyens sur trois ont dit non à une Suisse sans armée lors d’un référendum organisé en 1989, après la chute du mur de Berlin.
Le nombre des objecteurs de conscience ne s’élève qu’à quelques centaines et les manifestations antimilitaristes sont rares en Suisse. (AFP)
Il trône sur les cheminées ou s’empoussière dans les greniers, mais on le trouve dans tous les chalets suisses: le «Fass 90», fusil d’assaut dont le citoyen helvétique ne se sépare qu’à sa mort, fait partie de l’inventaire national au même titre que le couteau, le coucou et les abris anti-atomiques.Une fois par an, le citoyen-soldat suisse graisse la culasse de son fusil, en nettoie le magasin, puis il embrasse sa famille et se rend au stand de tir pour «les 20 coups obligatoires».S’il ne rate pas la cible «plus de trois fois» et engrange 42 points, il pourra remiser son arme jusqu’à l’année suivante. Sinon, il lui faudra payer lui-même ses cartouches jusqu’à la réussite, sanctionnée par un tampon sur son «livret de performances militaires».Outre le fusil, le milicien suisse possède chez lui des...