Le Comité central, réuni en plénum à Hanoï depuis lundi dernier, a ainsi suivi l’avis du Bureau politique du Parti qui avait finalement, après des mois de paralysie sur la question de la relève, réussi à trouver l’indispensable consensus sur le nom de M. Phieu juste avant ce plénum.
Do Muoi, secrétaire général du PCV depuis 1991, âgé aujourd’hui de 80 ans, avait maintenu l’ambiguïté pendant tous ces derniers mois en indiquant à la fois qu’il souhaitait «se reposer» pour laisser la place à une relève plus jeune mais rester au pouvoir «si le peuple le lui demandait».
La nomination de M. Phieu pourrait être officiellement annoncée à la fin du plénum dans quelques jours, ont ajouté ces sources.
Le général Phieu, tenant de l’aide dure du PCV et chef du puissant département politique de l’armée, avait été donné depuis des mois comme le successeur probable de M. Muoi, mais il a dû faire face à l’opposition, notamment, d’une partie de l’armée.
Un autre candidat, M. Nguyen Van An, chef de la commission d’organisation du PCV et membre peu connu du Bureau politique, avait émergé récemment. Mais il a été retiré de la course lors du plénum du Comité central sur l’avis du Politburo, ont ajouté les mêmes sources.
Un représentant
de l’aile dure
M. Phieu, qui fêtait ses 66 ans ce samedi, appartient à la faction du PCV qui fait une priorité absolue du maintien de la stabilité politique et sociale et de la suprématie du Parti communiste.
Cette aile ultra-conservatrice a donné de la voix ces derniers mois à la faveur d’événements potentiellement très déstabilisants comme les manifestations paysannes, parfois violentes, dans plusieurs provinces et les retombées sur l’économie vietnamienne de la crise monétaire en Asie du sud-est.
Le Kha Phieu a joué un rôle de premier plan, au sein de l’armée, mais aussi du Parti, dans la répression de ceux qui s’opposaient à la ligne. Depuis des mois, il a la haute main sur la gestion des affaires courantes du PCV alors que la capacité de travail de Do Muoi est réduite en raison de son âge.
Le général n’est certainement pas un ardent défenseur des réformes économiques et va devenir le numéro un du régime alors que Banque mondiale, Fonds monétaire international, pays donneurs d’aide et investisseurs étrangers avertissent de plus en plus fermement le Vietnam de l’urgence à accélérer son ouverture.
Le changement de titulaire à la tête du Parti achève un processus de renouvellement de la troïka dirigeant le Vietnam, après l’élection en septembre de la République et premier ministre.
L’ascension de ces deux hommes considérés comme des réformateurs avait été perçue par les observateurs comme un bon signal opposé que semble envoyer, deux mois plus tard, la désignation du général Phieu à la tête du Parti unique.
Avant la fin de sa réunion, le Comité central du PCV devait également décider d’une modification de la composition du Bureau politique, instance suprême du PCV qui compte actuellement 18 membres. (AFP)


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