«C’est le Noël le plus triste de notre vie», a déclaré Mgr Samuel Ruiz tandis que des Indiens de la communauté tzotzile revêtus de leurs costumes traditionnels ont offert un dernier adieu à leurs compagnons sauvagement abattus lundi dernier par un commando paramilitaire;
Les cercueils des victimes, transportés sur des camions, étaient suivis par un cortège funèbre composé d’Indiens dont certains portaient des pancartes réclamant le châtiment des responsables du massacre;
Selon l’Eglise catholique et diverses organisations humanitaires non-gouvernementales, des paramilitaires liés au Parti révolutionnaire institutionnel (PRI, au pouvoir), seraient responsables de la tuerie qui, selon un bilan officiel, a fait 45 morts dont 21 femmes, 9 hommes, 14 enfants et un bébé.
Même si le gouvernement a nié toute responsabilité dans l’attaque des paramilitaires, le sous-commandant Marcos, chef suprême de la guérilla de l’EZLN (Armée Zapatiste de Libération Nationale), apparue au Chiapas en janvier 1994, en a rendu le président Ernesto Zedillo directement responsable.
Lors de l’enterrement, l’évêque Samuel Ruiz a demandé aux proches des victimes, de n’avoir recours ni «à la haine ni à la vengeance» tout en invitant les meurtriers à abandonner les armes.
Tandis que le cortège funèbre suivait les chemins abrupts de Chenalho, dont dépend le village d’Acteal, certains participants ont affirmé reconnaître des membres du commando paramilitaire, auteur du massacre, qui aussitôt ont été arrêtés.
Au total, une quarantaine de personnes sont détenues à la suite du massacre mais aucune n’a jusqu’à présent été inculpée. Les autorités ont promis a plusieurs reprises que les coupables seraient sévèrement châtiés.
L’enterrement des victimes du massacre de Chenalo est intervenu alors que le ministère de l’Intérieur a renouvelé jeudi une proposition de paix aux guérilleros zapatistes, les invitant à reprendre le plus vite possible des négociations interrompues depuis un an.
Le massacre de Chenalho a provoqué une vive émotion dans le monde et plusieurs pays, dont les Etats-Unis, ont fait pression sur le gouvernement mexicain pour que les assassins soient rapidement identifiés et punis. (AFP)

