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Actualités - Chronologie

Boris Eltsine tient une table ronde sans précédent avec l'opposition

Le président russe Boris Eltsine a animé hier une «table ronde» sans précédent destinée à dégager des consensus entre le pouvoir, l’opposition et les régions de Russie, multipliant par la même occasion les propos conciliants envers les communistes.
Cette réunion inédite, tenue au Kremlin, a été consacrée au droit de vente et d’achat de la terre, défendu par M. Eltsine mais repoussé avec véhémence par l’opposition communiste depuis l’effondrement de l’URSS en décembre 1991.
Cette table ronde «est une nouvelle façon de résoudre démocratiquement les questions importantes de l’Etat», a déclaré à l’ouverture de la réunion Boris Eltsine, cité par l’agence Interfax.
«Nous allons essayer, nous allons voir si cela marche ou pas, c’est la vie qui le dira», a ajouté M. Eltsine.
Le chef d’Etat russe a adopté un ton conciliant envers l’opposition communiste, confirmant un tournant très net par rapport aux relations extrêmement conflictuelles qui prévalaient jusqu’à ces dernières semaines.
«Je suis sûr que des différences persisteront après notre discussion, mais le principal résultat qu’on retiendra en Russie, c’est que nous pouvons nous asseoir ensemble à une même table», a déclaré M. Eltsine.
M. Eltsine a rappelé que des points de vue très différents prévalaient sur la question de la propriété de la terre. «La vérité se trouve quelque part au milieu, et il ne faut pas se précipiter avec cette question», a-t-il estimé.
La Douma (chambre basse du Parlement) a adopté en septembre un code foncier reconnaissant en principe la propriété privée de la terre, mais prohibant dans les faits sa vente, sauf en ce qui concerne les lopins de terre individuels.
Le Kremlin estime que le droit de vente et d’achat libre de la terre constitue une des dernières grandes réformes qui manquent pour parachever la libéralisation de l’économie russe.

Un accueil chaleureux

Les participants à la table ronde ont décidé de créer une commission de conciliation chargée de rédiger dans les trois mois un code foncier de compromis sur cette question, a annoncé l’agence Interfax.
Avant la réunion de la table ronde, Boris Eltsine avait réservé un accueil inhabituellement chaleureux au président communiste de la Douma, Guennadi Seleznev, reçu en tête à tête au Kremlin, selon des images diffusées par la télévision NTV.
M. Eltsine a félicité M. Seleznev pour le vote mercredi en seconde lecture du projet de budget 1998, conformément au souhait présidentiel.
Le ton accommodant de M. Eltsine à l’égard de l’opposition survient alors que le principal réformateur libéral du gouvernement, Anatoli Tchouhaïs, ennemi juré des communistes, est en perte de vitesse et que les rumeurs sur sa possible démission se multiplient.
25 personnalités participaient à la table ronde de vendredi, selon la télévision russe NTV. Parmi elles figuraient le premier ministre Viklor Tchernomyrdine, les présidents des deux chambres du Parlement Egor Stroïev et Guennadi Seleznev, les chefs des groupes parlementaires de la Douma dont le communiste Guennadi Ziouganov, l’ultranationaliste Vladimir Jirinovski et Grigori Iavlinski (opposition réformatrice).
Plusieurs présidents de régions ou de républiques de la Fédération russe étaient également présents, dont Minitimer Chaïmiev (Tatarstan), Edouard Rossel (Ekaterinbourg) et Dmitri Aïatskov, dont la région de Saratov est pionnière en matière de vente de la terre.
M. Eltsine a lu son intervention sans difficulté, quitant des yeux ses notes à plusieurs reprises. Il s’est exprimé d’une voix claire, alors qu’il était apparu très enroué en recevant un ministre au Kremlin mercredi;
M. Eltsine, 66 ans, a quité la maison de repos de Barvikha (banlieue ouest de Moscou) mercredi, après deux semaines d’hospitalisation pour une «infection virale respiratoire aiguë» selon ses médecins. (AFP)
Le président russe Boris Eltsine a animé hier une «table ronde» sans précédent destinée à dégager des consensus entre le pouvoir, l’opposition et les régions de Russie, multipliant par la même occasion les propos conciliants envers les communistes.Cette réunion inédite, tenue au Kremlin, a été consacrée au droit de vente et d’achat de la terre, défendu par M. Eltsine mais repoussé avec véhémence par l’opposition communiste depuis l’effondrement de l’URSS en décembre 1991.Cette table ronde «est une nouvelle façon de résoudre démocratiquement les questions importantes de l’Etat», a déclaré à l’ouverture de la réunion Boris Eltsine, cité par l’agence Interfax.«Nous allons essayer, nous allons voir si cela marche ou pas, c’est la vie qui le dira», a ajouté M. Eltsine.Le chef d’Etat russe...