Stille Nacht, Heilige Nacht — Douce nuit, Sainte nuit — un chant devenu le symbole même de Noël, la plus grande fête de la chrétienté célébrant la nativité, a fait la conquête du monde à partir d’une petite église de village autrichienne.
Composé par un simple instituteur de campagne, France Xaver Gruber, sur un texte de son ami, le prêtre Joseph Mohr, ce chant retentit pour la première fois le 25 décembre 1818 à la messe de minuit dans la petite église d’Oberndorf, près de Salzbourg. Il n’a depuis rien perdu de sa touchante simplicité et des millions de chrétiens dans le monde réunis devant des crèches chantent «Douce nuit, Sainte nuit» traduit dans toutes les langues de la terre.
Ce chant doit son existence à un incident mineur. En effet, deux jours avant Noël, le vieil orgue de l’église Saint Nicolas d’Oberndorf, petite paroisse salzbourgeoise où Joseph Mohr était prêtre auxiliaire de 1817 à 1819, tomba en panne. Pour sauver la messe de minuit et pour ne pas décevoir les paysans venant des villages voisins, le jeune prêtre demanda à son ami Franz Xaver Gruber, instituteur et organiste au village voisin d’Arnsdorf, de lui composer une mélodie d’accompagnement pour guitare.
A la messe de minuit du 25 décembre 1818 Joseph Mohr, ténor et jouant lui même la guitare et Gruber, basse, ont exécuté pour la première fois «Douce nuit, Sainte nuit», une mélodie facile et un texte simple compréhensibles aux modestes paysans qui écoutaient.
Le vieil orgue était, sept ans plus tard, également à l’origine de la diffusion mondiale du chant. Un facteur d’orgues tyrolien appelé à Oberndorf pour réparer l’instrument avait entendu le chant et le fit connaître, de retour au Tyrol, à un groupe de chanteurs d’airs populaires. Ce groupe, lors d’un voyage, devait rendre public le chant en Prusse.
Le roi Frédéric Guillaume III, enchanté par la mélodie et le texte allemand — à l’époque les chants religieux étaient uniquement en latin — la faisait chanter, à Noël 1831, par le chœur de la cathédrale de Berlin.
En 1839, elle était chantée à New York, pour la première fois dans le nouveau monde. Ses auteurs étant inconnus, le chant passa longtemps pour un air populaire tyrolien.
Un hasard menait 36 ans plus tard aux origines du chant. La cour royale de Prusse, à la recherche de l’original du manuscrit du chant attribué à Michael Haydn, s’adressait à la paroisse de Saint Pierre de Salzbourg où Haydn était organiste. A la grande surprise générale, l’abbé de Saint-Pierre répondait qu’un certain Joseph Mohr et Franz Xaver Gruber étaient les auteurs du chant.
Trop tard pour le prêtre et l’instituteur de campagne, morts dans l’anonymat respectivement en 1848 et 1863.
Des milliers de touristes se rendent depuis des années et tout particulièrement à Noël, à l’idyllique village salzbourgeois d’Oberndorf pour visiter la petite église où est né le plus célèbre chant de Noël du monde. (AFP)


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