«Un des agents administratifs du consulat de Grèce à Istanbul s’étant livré à des activités incompatibles avec son statut, nous avons demandé son départ de Turquie, dans les sept jours», a déclaré à Ankara Sermet Atacanli, porte-parole du ministère des Affaires étrangères.
Cet agent, a-t-il ajouté, recueillait des renseignements à caractère confidentiel. Ce week-end, la presse turque avait accusé de chercher à obtenir des informations sur des installations militaires turques et d’apporter son concours aux maquisards du Kurdistan turc.
L’ambassadeur de Grèce à Ankara a été convoqué la semaine dernière au ministère, où il lui a été demandé d’expulser le diplomate Efstratios Haralambus dans un délai d’une semaine. Un représentant de l’ambassade grecque a dit qu’Haralambus ne se trouvait pas en Turquie lors de la demande d’expulsion et qu’il n’y reviendrait sans doute pas.
Les Grecs ont riposté hier en demandant le départ d’un diplomate turc de rang équivalent en poste à Athènes. Un responsable a qualifié les accusations turques de «ridicules», en disant y voir «la volonté de créer de nouvelles tensions entre nos deux pays».
«Les affirmations turques sont fausses», a déclaré ensuite un porte-parole du gouvernement grec à Athènes. «Il est impossible de les prouver, et nous en avons réclamé des preuves à la Turquie».
Cette affaire de «diplomates-espions» s’inscrit dans le cadre du vieux contentieux entre la Grèce et la Turquie, qui sont partenaires au sein de l’OTAN.
Un différend oppose notamment les deux voisins quant à la délimitation du plateau continental de la mer Egée, et Athènes bloque depuis des années l’entrée de la Turquie au sein de l’Union européenne.
Le nouvel ambassadeur d’Ankara à Athènes, Ali Tuygan, a présenté hier ses lettres de créance au président grec Costis Stephanopoulos en exprimant l’espoir d’un réchauffement des relations bilatérales. Tuygan remplace l’ancien ambassadeur Umit Pamir, qui a été nommé conseiller diplomatique du premier ministre turc Mesut Yilmas. (Reuters)


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