Il s’agit du deuxième sommet du CCG à Koweit depuis la libération de l’émirat de l’occupation irakienne (août 1990 — février 1991), après celui de décembre 1991.
La réunion se tient en présence de cinq chefs d’Etat (Koweit, Emirats arabes unis, Bahrein, Qatar et Oman) et du prince héritier séoudien, l’émir Abdallah Ben Abdel Aziz, qui représente le roi Fahd.
Dans son discours d’ouverture, l’émir du Koweit, cheikh Jaber al-Ahmad al-Sabah, a accusé Bagdad de chercher à «contourner» les résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU dans une allusion à la crise actuelle entre l’Irak et les inspecteurs internationaux chargés de le désarmer.
Il a reproché à Bagdad de «contribuer ainsi à maintenir les sanctions» imposées par l’ONU à l’Irak depuis son invasion du Koweit, et «prolonger les souffrances du peuple irakien frère pour lequel nous avons de la sympathie».
Dans un appel aux monarchies du Golfe, l’Irak a exhorté le CCG à adopter une résolution réclamant la levée de l’embargo.
Dans une allusion à la guerre du Golfe qui a mis l’Irak au banc du monde arabe, le prince héritier séoudien a appelé les participants à oublier le passé. «Nous, les peuples du Golfe, nous n’aurons une région tranquille que lorsque nous surmonterons les épreuves et (oublierons) les événements passés», a déclaré l’émir Abdallah à son arrivée au Koweit.
Cheikh Jaber s’est par ailleurs félicité de la récente détente dans les relations entre l’Iran et ses voisins arabes.
Il a cependant appelé Téhéran à «répondre positivement aux appels répétés des Emirats arabes unis pour régler pacifiquement le problème des trois îles» du Golfe occupées en 1971 par l’Iran et revendiquées par les deux pays.
L’Iran, qui entretient des relations difficiles avec le CCG depuis la révolution islamique de 1979, a engagé une offensive de charme en direction de ses voisins après l’accession au pouvoir en mai du président Mohammad Khatami. Cette orientation a été confirmée lors du sommet islamique de Téhéran.
L’émir de Bahrein, cheikh Issa ben Salmane al-Khalifa, a cependant souligné qu’il y avait «encore des problèmes en suspens avec l’Iran», mentionnant le litige avec les Emirats sur les îles d’Abou Moussa, de la Grande Tomb et de la Petite Tomb.
«Toute discussion sur des arrangements de sécurité» avec l’Iran «reste tributaire de l’instauration d’un climat de confiance», a ajouté cheikh Issa, dont le gouvernement avait accusé en 1996 Téhéran d’avoir soutenu une tentative de coup d’Etat à Bahrein.
Les Emirats ont fait part cette semaine de leur souhait «d’entamer immédiatement» des négociations avec Téhéran, répondant à M. Khatami qui s’était dit «prêt à rencontrer les responsables émiratis à n’importe quel niveau».
Les six monarchies du Golfe, qui assurent le cinquième de la production mondiale de pétrole, s’inquiètent de toute tension qui affecterait le Golfe, principal passage pour leurs exportations de brut.
Avant le sommet, le ministre koweitien de l’Information, cheikh Saoud Nasser al-Sabbah, avait souligné que la sécurité venait en tête des priorités de la réunion.
Le sommet doit donner son aval à deux projets en discussion depuis 1995: l’installation d’un système de communications reliant les quartiers généraux des armées des six pays, et la mise en place d’un système de pré-alerte reliant leurs réseaux de radars.
Il doit décider également d’augmenter les effectifs de la force militaire commune, baptisée «Bouclier de la péninsule», de 4.000 à 15.000 hommes, basée dans le nord de l’Arabie Séoudite. (AFP)

