Lors d’une session semestrielle à Bruxelles, les ministres ont reconnu l’importance d’une «force de suivi» pour remplacer en juin la SFOR, afin de continuer à préserver en Bosnie une paix qui «reste fragile».
«La poursuite de la mise en œuvre des accords de paix de Dayton, auxquels il n’existe pas d’alternative pacifique crédible, nécessite la présence d’une force militaire de l’OTAN», a souligné le ministre français Hubert Védrine.
Les alliés ont demandé aux militaires de travailler sur quatre options et de rendre leur rapport pour la mi-janvier, avant une prise de décision finale.
Ces options, établies sur une proposition américaine, sont un retrait total, une mission de dissuasion légère avec peu d’hommes sur le terrain, une mission de dissuasion renforcée avec des effectifs conséquents, et enfin le maintien d’une force équivalente à la SFOR (30.000 hommes).
Pour le secrétaire d’Etat américain Madeleine Albright, les Européens «doivent faire beaucoup plus» en Bosnie, notamment en matière de police, tandis que M. Védrine faisait valoir que la future force doit comprendre «une présence conjointe des Américains et des Européens sur le terrain et un partage équilibré des tâches et des risques entre les uns et les autres».
Les ministres ont approuvé une série de directives politiques et militaires qui ne prévoient aucune mention d’une échéance fixe pour une nouvelle mission comme cela avait été le cas pour l’IFOR (un an) et la SFOR (18 mois) ni de changement en matière d’arrestation de criminels de guerre.
Les directives soulignent d’autre part la nécessité d’une direction de l’opération par l’OTAN, d’une chaîne de commandement unique, des règles d’ouverture du feu précises et l’accueil de pays tiers comme ceux, dont la Russie, qui ont participé à l’IFOR et sont présents dans la SFOR.
Concernant les criminels de guerre, «il n’y a pas de différence d’approche entre la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et la France», a assuré une source diplomatique britannique.
La nouvelle force continuera d’appuyer le travail des organisations civiles en Bosnie et de garantir la sécurité de l’unité de police de l’ONU (IPTF), sans devenir pour autant une force de maintien de l’ordre, ce que refusent totalement de devenir les ministres alliés, notamment américains.
En conséquence, et aussi en raison d’une opposition de la Russie, l’arrestation des criminels de guerre restera subordonnée à une rencontre fortuite avec les troupes alliées, sous condition qu’une telle opération ne mette pas leurs vies en danger.
Appelée par des diplomates D-Force pour Force de dissuasion, la future unité devrait être plus mobile que la SFOR et compter en cas de coup dur sur le renforcement d’une force de réaction rapide.
A la différence de la SFOR, elle ne contrôlerait plus en permanence la ligne de séparation entre Serbes de Bosnie et la fédération croato-musulmane mais serait davantage concentrée sur les «points chauds» comme les villes de Mostar (sud) ou Brcko (nord), a souligné Hubert Védrine. (AFP)

