Les quatre hommes, exécutés lundi dernier, étaient selon Bagdad des «trafiquants professionnels» qui faisaient de la contrebande, un crime passible de peine de la mort en Irak.
Dans une lettre adressée au président irakien Saddam Hussein, Human Rights Watch a exprimé sa «profonde inquiétude» après l’exécution de Walid Tawfiq Nousairat, Rizq Béchara Rizq et des frères Saïd Youssef Ali et Salah al-Douji, qu’elle a qualifiée de «violation flagrante de la convention internationale des droits civils et politiques dont l’Irak est l’un des pays signataires».
L’organisation humanitaire demande aux autorités irakiennes de «rapatrier les dépouilles de Jordaniens exécutés et d’assurer le retour en Jordanie des épouses et des enfants des frères Douji».
Elle leur demande également de «donner des informations sur le lieu où se trouve un troisième frère Douji, détenu en Irak».
Les dépouilles de Walid Nousairat et Béchara Rizq ont été rapatriées vendredi.
Amman a demandé jeudi la «libération immédiate» de ses ressortissants détenus en Irak après l’exécution lundi des quatre Jordaniens. Le Parlement a également demandé à Bagdad de ne pas exécuter un cinquième Jordanien condamné à mort pour contrebande.
L’exécution des quatre Jordaniens a provoqué une nouvelle crise diplomatique entre l’Irak et la Jordanie, dont les relations, chaleureuses lors de la crise du Golfe (1990-91), se sont dégradées depuis 1993.
La Jordanie a décidé mercredi d’expulser en signe de protestation sept diplomates irakiens en poste à Amman et de rappeler son chargé d’Affaires à Bagdad.
L’organisation humanitaire, basée à New York, a fait également état de «rapports non confirmés, selon lesquels des centaines de personnes auraient été exécutées au cours des dernières semaines en Irak».
Selon le Congrès national irakien (CNI, coalition de l’opposition), plus de 800 détenus appartenant à différents groupes de l’opposition irakienne ont été exécutés au cours des deux dernières semaines en Irak. (AFP)

