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Actualités - Conferences Internationales

Pays riches et pauvres se sont durement affrontés à la conférence

La Conférence de Kyoto a été dominée par des très durs affrontements entre pays riches et pauvres, illustrant les conflits d’intérêts que suscite la lutte pour la protection de l’environnement de la planète.
Deux sujets ont suscité ces passes d’armes animées: la demande américaine d’associer les pays en développement à la réduction des émissions de ces gaz considérés comme responsables du réchauffement de la planète et l’exigence — américaine encore — de pouvoir échanger des excédents et des déficits d’émissions entre pays pollueurs et moins pollueurs.
C’est surtout la Chine (2e pollueur mondial) qui est montée au créneau contre les Etats-Unis, soutenus par le Japon.
Le délégué chinois, Zhong Shukong, n’a pas hésité à dénoncer avec virulence les propositions américaines qu’il a jugées «injustes» pour les pays pauvres.
Le Chinois a été soutenu dans sa croisade par l’Inde, le Brésil et d’autres pays en développement. La Chine savait que l’Union européenne la soutenait sur ces deux questions.
Les critiques chinoises ont surtout visé l’exigence déjà ancienne des Etats-Unis d’intégrer «de façon significative» les pays en développement aux objectifs chiffrés et contraignants de réductions.
Les pays pauvres y sont opposés. Selon eux, il appartient au monde industrialisé de s’engager en premier sur ce terrain et de montrer l’exemple puisque ce sont les pays riches qui ont été les premiers à polluer la planète et à en retirer des bénéfices.
Ils font aussi valoir que les précédentes conférences sur le climat (Berlin 1995) avaient spécifiquement décidé de ne pas demander aux pays en développement de s’associer à un tel processus.
Un texte de compromis mis sur la table par le chef du comité des négociations Raul Estrada proposait de mentionner les pays en développement, mais de leur laisser le choix de prendre le train de la lutte contre le réchauffement de la planète sur une base strictement volontaire et à un rythme laissé à leur discrétion.

De gros intérêts
économiques

La Chine n’en a pas voulu. «Les pays en développement ne sont pas soumis à une telle obligation», a expliqué M. Zhong. Un tel processus risquerait de créer une nouvelle catégorie de pays en développement et «ceci mettrait réellement en danger nos intérêts nationaux», a-t-il dit.
Devant la levée de boucliers, tout l’article a été retiré du projet d’accord.
Derrière ce bras de fer, se profilent de gros intérêts économiques. Des diplomates américains font valoir qu’une différenciation entre pays riches et pauvres sur ce sujet va éroder la compétitivité des entreprises américaines.
«La logique est simple: avec des prix pour l’énergie en hausse, les entreprises américaines supporteront des coûts de production supplémentaires et ceci entraînera des licenciements», a expliqué M. John Grasser, un «charbonnier» américain qui représentait le lobby du secteur industriel américain.
«Nous sommes dans une situation où seulement 34 pays prennent part à ce système et 166 sont dehors. Les autres pourront continuer à consommer des produits fossiles à bon marché. Des entreprises devront quitter les Etats-Unis pour l’étranger où les coûts sont moins élevés», a-t-il dit.
L’opposition des pays en développement sur le deuxième sujet des «permis de polluer» était plus une question de philosophie qu’une question d’intérêts nationaux.
Sur cette question, les Etats-Unis étaient soutenus par plusieurs pays occidentaux, dont le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande.
La Chine, soutenue là aussi par l’Inde et d’autres pays, a fait valoir que le principe même d’un pays pollueur en mesure d’acheter à un pays plus vertueux des déficits d’émissions pour rester dans les limites imposées compromet l’efficacité même des objectifs chiffrés.
Le ministre français de l’Environnement, Mme Dominique Voynet, a parlé à ce sujet d’«émissions de fausse monnaie», prenant comme exemple l’achat par les Etats-Unis de «permis de polluer» à la Russie qui a nettement réduit ses émissions de gaz nocifs du fait du retournement économique russe.
Mais sur cette question, les pays en développement n’ont pas eu entièrement gain de cause puisque le principe figure dans le texte. (AFP)
La Conférence de Kyoto a été dominée par des très durs affrontements entre pays riches et pauvres, illustrant les conflits d’intérêts que suscite la lutte pour la protection de l’environnement de la planète.Deux sujets ont suscité ces passes d’armes animées: la demande américaine d’associer les pays en développement à la réduction des émissions de ces gaz considérés comme responsables du réchauffement de la planète et l’exigence — américaine encore — de pouvoir échanger des excédents et des déficits d’émissions entre pays pollueurs et moins pollueurs.C’est surtout la Chine (2e pollueur mondial) qui est montée au créneau contre les Etats-Unis, soutenus par le Japon.Le délégué chinois, Zhong Shukong, n’a pas hésité à dénoncer avec virulence les propositions américaines qu’il a jugées...