M. Taha, qui s’est entretenu au téléphone avec M. Serri, a également affirmé que son organisation ne prenait pas pour cible les touristes en tant que tels mais visait «l’industrie touristique».
Lors de cette conversation, M. Taha a affirmé: «Si le régime (égyptien) veut la stabilité et la sécurité dans le pays, il doit être juste avec les opprimés, libérer les détenus, libérer nos femmes, et alors il y aura possibilité de discuter d’un arrêt des opérations armées».
«Les opérations armées ne représentent pas pour nous un but en soi mais un moyen de défendre les opprimés, et nous ne souhaitons pas la poursuite d’actions armées», a indiqué M. Taha, qui se trouverait en Afghanistan, selon certains islamistes.
Toutefois, a-t-il précisé, «nous ne pouvons cesser nos actions alors que le régime continue de s’attaquer à nos maisons et à nos hommes en Egypte». «Si le régime est disposé à répondre à une initiative (de paix et de dialogue), nous sommes également disposés à cela», a-t-il poursuivi.
Concernant les attaques visant les touristes en Egypte, une certaine confusion a régné ces derniers jours à propos de la position de la Jamaa.
Dans un communiqué publié dans le quotidien «al-Hayat», un dirigeant du mouvement ayant requis l’anonymat avait affirmé que M. Taha, qui est président du Conseil consultatif du mouvement intégriste, avait demandé «d’éviter toute opération contre les touristes à l’avenir».
Mais un autre communiqué signé de la Jamaa et émanant de M. Taha lui-même affirme que l’organisation intégriste «n’a pas publié ce communiqué» et le juge «erroné».
Dans son entretien téléphonique avec M. al-Serri, M. Taha n’a pas clarifié sa position, se bornant à déclarer: «La Jamaa n’a pas jusqu’à aujourd’hui déclaré ne pas viser l’industrie touristique mais affirme que ses opérations sont contre (cette) industrie, non contre les touristes».
La Jamaa avait revendiqué la responsabilité de l’attentat de Louxor et avait sommé les touristes d’«éviter l’Egypte».
Depuis cet attentat, des sources informées à Londres ont affirmé que des contacts informels, officieux et exploratoires avaient eu lieu entre des diplomates et des islamistes égyptiens dans la capitale britannique.
Plusieurs islamistes ont appelé à l’arrêt des violences ou à une trêve limitée. Un appel a notamment été lancé le 5 juillet dernier par six des fondateurs de la Jamaa, qui purgent une peine de 25 ans de prison pour leur implication dans l’assassinat du président égyptien Anouar al-Sadate en 1981. (AFP)

