L’autre usine européenne de Toyota se trouve en Grande-Bretagne.
L’usine française, d’une capacité de production de 150.000 véhicules par an, sera implantée sur le site de Onnaing, a déclaré mardi le président de Toyota, Hiroshi Okuda lors d’une conférence de presse, après s’être entretenu avec le premier ministre Lionel Jospin.
«La lettre que je viens de signer et de remettre au premier ministre, confirme notre engagement à l’égard de la France et de Valenciennes», a-t-il dit selon le texte de son discours.
«L’usine que nous allons construire à Valenciennes représente un investissement de l’ordre de 80 milliards de yens, soit quatre milliards de francs français. Elle créera de façon directe environ 2.000 emplois».
Le président a précisé que cette usine produirait des petites voitures à partir du début de l’année 2001.
Cette implantation constitue, selon lui, «une étape importante pour Toyota dans son engagement européen».
Satisfaction de Jospin
La décision de Toyota a été saluée avec «une grande satisfaction» par Lionel Jospin.
Le premier ministre français et le président de Toyota, Hiroshi Okuda, ont signé mardi matin à Matignon, après un entretien d’une demi-heure, une lettre confirmant l’engagement du constructeur japonais à installer cette usine à Onnaing, près de Valenciennes — un investissement de quatre milliards FF.
«Ce choix constitue pour la France et pour le gouvernement une grande satisfaction», a déclaré Lionel Jospin lors d’une conférence de presse commune, en présence de Martine Aubry, ministre de l’Emploi et de la Solidarité, et de Christian Pierret, secrétaire d’Etat à l’Industrie.
Hiroshi Okuda, qui a fait l’effort de prononcer quelques mots en français avant de passer au japonais, a confirmé que cette usine produirait à terme 150.000 voitures par an.
Il a indiqué que son installation créerait environ 2.000 emplois directs et «un nombre assez important» d’emplois indirects (équipementiers, sous-traitants), dans une région où le taux de chômage atteint 20%.
Tout à sa satisfaction, Lionel Jospin a commis un lapsus qui a arraché un petit sourire à Hiroshi Okuda.
«La journée de M. Toyota et de ceux qui l’entourent...», a commencé le premier ministre, avant de se reprendre: «C’est un lapsus révélateur, tant on dit que les grands responsables japonais s’identifient à leurs entreprises».
L’autre usine européenne de Toyota se trouve en Grande-Bretagne. Celle d’Onnaing doit commencer à produire en 2001.
Hiroshi Okuda n’a pas caché les ambitions de son groupe. Il a dit que l’usine d’Onnaing, qui produira des petites voitures du même type que la Twingo de Renault, constituerait «une étape importante pour Toyota dans son engagement européen».
Toyota se fixe pour objectif de faire passer sa part de marché en France de 1,0% actuellement à 3,0%, a-t-il ajouté.
Prié de dire s’il envisageait une coopération avec les constructeurs automobiles français, il a répondu par un «non» catégorique.
«Essentiellement des
aspects positifs»
Les dirigeants français se sont employés à balayer les objections des constructeurs français et de certains syndicats, qui estiment qu’en permettant à Toyota de s’installer en France, le gouvernement laisse entrer le loup dans la bergerie.
«A partir du moment où l’entreprise Toyota avait décidé d’installer une usine importante dans cette gamme en Europe, le marché européen étant un marché ouvert, naturellement nous préférions que cette usine soit installée en France», a ainsi déclaré Lionel Jospin.
«Donc, à partir d’une décision qui, de toute façon, était prise et pouvait être prise ailleurs, le fait que ce soit sur notre territoire comporte essentiellement des aspects positifs en termes de retombées économiques».
Les dirigeants français n’ont pas dévoilé le montant des aides accordées à Toyota pour l’installation de son usine, en s’abritant derrière de futures discussions avec la commission européenne sur leur nature et leur ampleur.
Selon une source proche du gouvernement, les aides publiques — nationales, régionales ou locales — pourraient atteindre au total environ 500 millions FF. Mais Christian Pierret a déclaré à Reuters qu’elles seraient «plutôt en-dessous» de 10% de l’investissement total. (Reuters)


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