Le ministre israélien de la Défense Yitzhak Mordechaï a laissé entendre hier que la Turquie et Israël étaient confrontés à la menace potentielle de missiles de la part de l’Iran, de l’Irak et de la Syrie.
«Tout pays qui produit des missiles balistiques, qui utilise des armes chimiques et qui soutient le terrorisme constitue un élément de menace dans la région», a dit M. Mordechaï, actuellement en visite en Turquie, selon l’agence semi officielle turque Anatolie.
«Ces pays, a-t-il ajouté, pourraient à l’avenir diriger leur menace vers Israël et la Turquie. Dans ce contexte, il est naturel que ces deux pays puissants (Israël et Turquie) s’entraident et se soutiennent mutuellement».
«Nous sommes prêts à coopérer dans tous les domaines jugés bons par le gouvernement turc», a-t-il ajouté.
M. Mordechaï n’a pas mentionné les noms des pays auxquels il faisait allusion mais selon les analystes, il semblait désigner la Syrie, l’Irak et l’Iran, qui, selon les Etats-Unis et Israël, soutiennent le terrorisme et s’efforcent de développer des missiles balistiques et des armes chimiques.
Le ministre israélien a toutefois réitéré que la coopération militaire entre Israël et la Turquie «était ouverte aux pays tiers» et «ne visait aucun pays tiers».
La Turquie, pays musulman mais laïc, et Israël ont donné une tournure sans précédent à leurs relations en signant en février 1996 un accord-cadre de coopération militaire qui prévoit notamment l’entraînement de pilotes turcs par Israël en échange de l’utilisation de l’espace aérien turc par des pilotes israéliens pour des vols d’entraînement.
Cet accord a causé la colère de pays arabes, la Syrie notamment, et de l’Iran, qui s’estiment visés par cette collaboration.
Dimanche à Téhéran, les ministres de 55 pays qui préparaient le sommet de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) avaient adopté une résolution condamnant les Etats musulmans ayant des liens militaires avec Israël. (AFP)

