Huit millions de votants — sur 14,5 millions d’habitants — éliront, entre les candidats de Concertation démocratique (centre gauche, au pouvoir) et ceux de l’opposition de droite, la totalité des 120 députés et 20 des 47 sénateurs. Un nouveau poste, le 48e, celui de sénateur à vie, est déjà pourvu: il reviendra à partir de mars prochain à l’ex-président et actuel chef de l’armée, le général Augusto Pinochet, 82 ans.
La décision de Pinochet, résultat d’une mesure décidée lors de sa présidence (73-90), a agité les deux derniers mois de campagne.
Pinochet sera donc sénateur à vie, à moins que la Concertation, si elle garde sa majorité à la Chambre et si elle obtient au moins 21 sièges au Sénat, ne décide une réforme de la Constitution pinochetiste avec l’appui de la droite libérale.
Cette réforme, que le président Eduardo Frei n’a pu mener à bien en raison de l’opposition du Sénat, permettrait d’exclure Pinochet et neuf autres sénateurs — de l’opposition car désignés par l’armée, l’aviation, les carabiniers et la Cour suprême.
58,4% des électeurs chiliens approuvent la suppression de ces postes, et 52,6% sont favorables également à la suppression du poste de sénateur à vie de Pinochet, selon un sondage publié vendredi dernier par l’Université catholique et l’entreprise de presse COPESA.
Un troisième mandat
en vue
Selon les derniers sondages, la Concertation démocratique au pouvoir — qui regroupe la Démocratie chrétienne, les socialistes, le Parti de la démocratie et les radicaux — obtiendra 55% des votes, chiffre équivalant au résultat des municipales du 27 octobre dernier.
Ce pourcentage est également le même que celui que les mêmes partis ont obtenu lors du référendum du 5 octobre 1988, qui a mis fin à l’ère Pinochet.
Une année plus tard, le démocrate chrétien Patricio Aylwin était élu président, et quatre ans après son camarade de parti Eduardo Frei lui succédait, avec le même score de 56%.
Le successeur de Frei doit être élu en décembre 1999, mais les grands partis considèrent déjà les élections de jeudi comme une véritable «primaire» devant désigner les grands leaders. «Bien que personne ne l’avoue, la nuit du 11 décembre verra apparaître les noms des différents candidats (à la présidentielle)», estime la revue «Ercilla».
Au sein de la Concertation démocratique, qui vise un troisième mandat, le leader socialise Ricardo Lagos, actuel ministre des Travaux publics, apparaît comme le favori de tous les sondages pour présider le pays jusqu’en 2006, avec 60% de soutien populaire.
La Démocratie chrétienne, formation majoritaire de la Concertation, devra quant à elle choisir entre son actuel leader Enrique Krauss, les sénateurs Gabriel Valdes ou Andres Zaldivar, et l’ancien ministre des Finances Alejandroi Foxley.
La droite — formée de l’Union démocrate indépendante (UDI) et du Parti de rénovation nationale (droite libérale) — connaît les mêmes problèmes: le populaire maire de Las Condes (un quartier de Santiago), Joaquin Lavin, semble avoir toutes les chances d’être mandaté par l’UDI, contre le rénovateur Andrès Lallemand, candidat au Sénat lors des élections de jeudi.
A gauche enfin, le Parti communiste, qui n’a eu aucun élu lors des scrutins de 89 et de 93, présenterait une femme, Gladys Marin, à condition que celle-ci parvienne à être élue au Sénat jeudi. (AFP)

