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Actualités - Chronologie

L'Iran veut gommer son image d'enfant terrible du monde musulman


Dix-huit ans après une révolution qu’il voulait exporter chez tous ses voisins, l’Iran entend aujourd’hui profiter du sommet de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) à Téhéran pour gommer son image «d’enfant terrible» du monde musulman.

Les murs de Téhéran sont couverts d’affiches annonçant «le sommet de l’unité du monde islamique», loin des slogans agressifs des années 1980 contre «l’islam corrompu et américain», censé régner dans le reste du monde musulman.
Le simple fait qu’aujourd’hui aucun pays n’ait annoncé le boycottage du sommet de Téhéran constitue un motif de satisfaction pour les dirigeants iraniens, qui y voient un désaveu du monde islamique à l’égard de la politique d’isolement international de l’Iran réclamée par les Etats-Unis.
«Quelques semaines après l’échec de la conférence de Doha (sur le développement économique du Proche-Orient et de l’Afrique du Nord), largement désertée malgré les appels pressants des Etats-Unis à y participer, la présence de nombreuses délégations à Téhéran constituera une victoire pour l’Iran», affirme un diplomate occidental en poste en Iran.
Le rapprochement avec le monde musulman constitue un axe majeur de la politique iranienne. Il a été entamé sous le gouvernement de l’ancien président Ali Akbar Hachémi-Rafsandjani, et poursuivi par le nouveau président Mohammad Khatami.
Nombre d’anciens «ennemis jurés» de la République islamique ont ainsi reçu un carton d’invitation à Téhéran, pour ce sommet qui se tiendra du 9 au 11 décembre.
Le président irakien Saddam Hussein, le roi Fahd d’Arabie Séoudite, le roi Hussein de Jordanie, tous honnis jusqu’à peu par Téhéran, ne feront pas le voyage mais devraient être représentés à haut niveau.
Le roi Fahd sera représenté par le prince héritier Abdallah, et le président irakien par son vice-président Taha Yassine Ramadan.
Le remplacement du roi Hussein de Jordanie par le prince héritier Hassan Ibn Talal constitue en revanche une déception pour Téhéran, qui a longtemps compté sur le souverain lui-même.

L’enlisement du processus de paix

Le président palestinien Yasser Arafat, longtemps considéré comme un traître par Téhéran, sera personnellement présent en Iran, pour la première fois depuis plus de quinze ans.
L’enlisement du processus de paix joue en faveur de l’Iran, dont le discours hostile aux négociations israélo-palestiniennes apparaît aujourd’hui moins agressif qu’autrefois.
«Les Iraniens font valoir aujourd’hui que, depuis l’arrivée de Benjamin Netanyahu au pouvoir en Israël, le langage des pays arabes sur le processus de paix s’est rapproché du leur», remarque un diplomate arabe.
Une première tentative d’organiser un sommet islamique à Téhéran avait capoté à la fin des années 80, de nombreux pays invoquant l’impossibilité d’organiser une telle manifestation alors que l’Iran et l’Irak étaient en guerre.
L’Iran, en grande majorité chiite, a également été tenu en haute suspicion par le reste du monde musulman, à dominante sunnite, pour chercher à étendre son influence grâce aux communautés chiites (12% du monde musulman), en particulier au Liban.
Le messianisme socialisant de la révolution iranienne, faite au nom des «mostadaafin» (les «déshérités»), a également longtemps mis l’Iran en froid avec les monarchies arabes conservatrices du Golfe, en particulier les Séoudiens gardiens des principaux lieux saints de l’islam.
Plusieurs pays arabes, en particulier l’Egypte et l’Algérie, continuent par ailleurs de porter de graves accusations contre le soutien que l’Iran apporterait au terrorisme fondamentaliste musulman sur leur territoire.
Téhéran n’a par ailleurs toujours pas renoué de relations diplomatiques normales avec des pays importants comme l’Egypte et l’Algérie. Ses relations avec les Emirats arabes unis sont également toujours empoisonnées par le contentieux sur la souveraineté de trois îles du Golfe persique.
La situation en Afghanistan reste aussi une pomme de discorde avec le Pakistan principalement, mais aussi l’Arabie Séoudite. (AFP)

Dix-huit ans après une révolution qu’il voulait exporter chez tous ses voisins, l’Iran entend aujourd’hui profiter du sommet de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) à Téhéran pour gommer son image «d’enfant terrible» du monde musulman.Les murs de Téhéran sont couverts d’affiches annonçant «le sommet de l’unité du monde islamique», loin des slogans agressifs des années 1980 contre «l’islam corrompu et américain», censé régner dans le reste du monde musulman.Le simple fait qu’aujourd’hui aucun pays n’ait annoncé le boycottage du sommet de Téhéran constitue un motif de satisfaction pour les dirigeants iraniens, qui y voient un désaveu du monde islamique à l’égard de la politique d’isolement international de l’Iran réclamée par les Etats-Unis.«Quelques semaines après...