Le directeur général du FMI Michel Camdessus pourrait demander «dans les prochaines semaines» à ses actionnaires une nouvelle augmentation des quotes-parts si les ressources financières du Fonds monétaire international s’avèrent insuffisantes pour faire face à la crise asiatique.
M. Camdessus a déclaré à Kuala Lumpur, avant son départ pour Bankgok et Séoul, qu’il «ne laisserait pas » mettre le FMI en cessation de paiements.
«Nous n’avons pas tout à fait épuisé toutes nos ressources, heureusement. Et nous avons d’autres lignes de défense», a-t-il dit, en citant notamment les Accords généraux d’emprunt et les Nouveaux accords généraux d’emprunt.
«Mais je dois dire très simplement, a-t-il expliqué, que je n’aurais aucune fausse pudeur à dire à mes actionnaires, peut-être dans les semaines qui viennent: messieurs, le monde est difficile, vous avez décidé à Hong Kong d’une augmentation des quotes-parts de 45%. C’était bien mais ce n’était pas assez, comme je vous l’avais dit par avance».
«Alors, poursuit le directeur général, rien n’est plus facile que de faire une augmentation des quotes-parts puisque cela ne vous coûte pas un sou, et c’est le moyen le plus efficace de régler les grands problèmes du monde».
Ajoutant cependant qu’il y a «encore de beaux restes» dans les caisses du FMI, Michel Camdessus indique qu’il va «refaire ses comptes».
Les quotes-parts, qui mesurent la participation des différents pays membres au capital du FMI, déterminent leurs droits de vote mais surtout la capacité de faire appel aux ressources du Fonds en cas de difficultés financières. Restant la propriété des pays actionnaires, ils sont un levier qui permet d’accroître la puissance de feu financière du Fonds.
Depuis le début de la crise financière asiatique, le FMI a engagé quatre milliards de dollars en Thaïlande, apporté 10,14 milliards de dollars à l’Indonésie et sa contribution au plan de redressement de l’économie de la Corée du Sud pourrait atteindre 20 milliards de dollars. (AFP)

