Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Israël projette de remplacer 90.000 travailleurs immigrés par des palestiniens

Israël projette de recourir le mois prochain à des milliers de Palestiniens pour remplacer les travailleurs immigrés, dont le nombre croissant est assimilé à une «bombe sociale à retardement», ont indiqué hier des officiels.
Le nombre des permis de travail délivrés aux Palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza va passer de 52.000 à près de 140.000 d’ici cinq ans, afin qu’ils prennent la place des immigrés, a précisé un responsable de l’administration militaire, M. Shlomo Dror.
Dans une première étape, le plan mis au point par le ministère du Travail et des Affaires sociales sera appliqué le mois prochain avec le rapatriement de 7.000 travailleurs étrangers et l’octroi de 6.000 permis de travail supplémentaires pour les Palestiniens, a précisé un responsable du ministère du Travail, M. Moshé Dimri.
«C’est le début d’une politique visant à réduire le nombre de travailleurs étrangers, dont le nombre croissant à long terme menaçait de devenir une bombe sociale à retardement», a affirmé M. Dimri.
Le plan inter-ministériel prévoit de réduire le nombre de permis délivrés aux immigrés de 90.000 actuellement à 5.000 d’ici à cinq ans, a ajouté M. Dror.
Les patrons israéliens ont fait de plus en plus appel ces dernières années aux immigrés, surtout d’origine roumaine, thaïlandaise et philippine à la suite des bouclages à répétition imposés par Israël sur les territoires palestiniens après des attentats anti-israéliens.

«Les Palestiniens,
nos voisins...»

Le nombre d’étrangers, surtout dans le bâtiment et l’agriculture, a ainsi connu un boom, passant de quelques milliers en 1990 à plus de 300.000, en comptant tous ceux qui sont employés au noir, selon des estimations officielles.
Cette année, Isrtaël a imposé un bouclage total aux territoires à quatre reprises, pour une durée d’au moins deux semaines.
Les autorités israéliennes estiment toutefois que l’immigration massive présente également des dangers liés à la criminalité et la prostitution.
«Ce gouvernement préfère les travailleurs palestiniens, car ils sont nos voisins et qu’ils retournent chez eux, lorsqu’ils ont fini leur journée de travail», a souligné M. Dimri.
Des responsables officiels israéliens sont également inquiets des mariages entre les étrangers, en majorité chrétiens, et des Israéliennes juives.
Pour répondre à ces inquiétudes, les ministres du Travail et de la Défense ont annoncé le mois dernier que 30.000 Palestiniens ayant subi des contrôles de sécurité pourront continuer à venir travailler en Israël, même durant les périodes d’alerte.
Des responsables officiels et des militants qui luttent pour les droits des travailleurs ont toutefois mis en garde le gouvernement contre les résistances à ce changement de politique de la part des patrons qui se sont habitués à la main-d’œuvre étrangère bon marché.
«Un Thaïlandais revient moins cher et travaille plus dur qu’un Palestinien, même en vivant dans des conditions misérables», affirme M. Dror. «Ils font ainsi de plus grands profits», ajoute-t-il.
«Mais nous devons prendre en compte l’intérêt de la nation et s’il le faut nous imposerons de lourdes amendes à ceux qui emploient illégalement des travailleurs étrangers», poursuit M. Dror.
Selon Mme Hanna Zohar, responsable de «Kav la Oved», une organisation qui défend les immigrés, sans une intervention des pouvoirs publics, les employeurs israéliens continueront à recourir à la main-d’œuvre étrangère au noir, payée moitié moins que les Palestiniens.
«Le plan du gouvernement n’est pas réaliste aussi longtemps qu’il ne contraint pas les patrons à payer les travailleurs étrangers au même niveau que les Palestiniens. Les employeurs se sont habitués à payer des salaires d’esclaves», souligne Mme Zohar.
Selon elle, les travailleurs immigrés ne sont pas une «bombe sociale». «Le problème, ajoute-t-elle, est que la société israélienne n’accepte pas les travailleurs étrangers et la propagande du gouvernement contre eux suscite le racisme». (AFP)
Israël projette de recourir le mois prochain à des milliers de Palestiniens pour remplacer les travailleurs immigrés, dont le nombre croissant est assimilé à une «bombe sociale à retardement», ont indiqué hier des officiels.Le nombre des permis de travail délivrés aux Palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza va passer de 52.000 à près de 140.000 d’ici cinq ans, afin qu’ils prennent la place des immigrés, a précisé un responsable de l’administration militaire, M. Shlomo Dror.Dans une première étape, le plan mis au point par le ministère du Travail et des Affaires sociales sera appliqué le mois prochain avec le rapatriement de 7.000 travailleurs étrangers et l’octroi de 6.000 permis de travail supplémentaires pour les Palestiniens, a précisé un responsable du ministère du Travail, M. Moshé...