Réuni à Séville (sud de l’Espagne), le Conseil des délégués du mouvement a demandé à toutes ses fédérations de promouvoir auprès de leurs autorités locales respectives «l’âge minimum de 18 ans pour le recrutement et la participation aux hostilités». Les conventions internationales fixent actuellement cet âge à15 ans seulement.
La Croix- Rouge et le Croissant-Rouge ont lancé en 1995 le plan d’action CABAC (Children affected by armed conflict), qui vise à faire adopter un protocole international bannissant les «enfants-soldats» et à aider les enfants enrôlés dans les forces régulières ou dans des guérillas quelconques à se réadapter, après les conflits, à la vie en société.
Après avoir été la plaie de l’Amérique latine, le problème des enfants, soldats a désormais pratiquement disparu sur ce sous-continent, sauf dans quelques pays comme la Colombie, souligne-t-on à la Croix-Rouge.
Les «enfants-soldats» se retrouvent aujourd’hui principalement en Afrique, dans des pays comme le Mozambique ou l’ancien Zaïre. En mai dernier, l’Organisation de l’unité africaine (OUA) a, d’ailleurs, adopté une résolution appelant ses Etats membres à ne plus recruter de mineurs dans leurs armées.
«Mais le recrutement forcé n’est pas l’unique problème», explique l’Espagnole Mercedes Babé, responsable du programme CABAC.
«Beaucoup d’enfants s’engagent d’eux-mêmes parce qu’ils n’ont pas de quoi manger, pas d’école, pas de famille. Ces volontaires, entre guillements, trouvent à l’armée un matelas où dormir et un repas tous les jours. Ils n’iraient sûrement pas se bagarrer dans la montagne s’ils menaient une vie normale», explique-t-elle.
Cuisiniers ou espions
«Nous poursuivons l’idéal d’interdire non seulement le recrutement d’enfants, mais aussi toute forme de participation des mineurs aux forces armées. Par exemple, certains pays admettent des enfants dans les écoles de formation militaire et ne les incorporent qu’en cas de conflit», affirme Mme Babé.
De même, indique un document de la Croix-Rouge, «tous les enfants ne participent pas en tant que soldats: nombre d’entre eux vivent et se déplacent avec la troupe en étant cuisiniers, porteurs, messagers ou espions».
«Les filles subissent souvent des violences sexuelles. Beaucoup d’enfants sont blessés physiquement et tous ont besoin, à des degrés divers, d’une réadaptation psychosociale» poursuit ce document interne.
La plupart de ces enfants sont, en effet, marginalisés du simple fait qu’ils ont été trop longtemps en contact avec des armes meurtrières. «L’ancien enfant-soldat inspire la peur, la panique chez sa famille et ses professeurs», explique Mme Babé.
Selon elle, «le fusil qu’on lui a mis dans les mains lui a donné beaucoup de pouvoir. De retour chez lui, il peut devenir violent ou, au contraire, excessivement effacé. Sa famille craint qu’à n’importe quel moment il saisisse une arme ou une chaise et agresse quelqu’un par réflexe».
«C’est surtout le cas chez les enfants enrôlés dans les guérillas. L’entraînement qu’ils ont reçu dans ces groupes irréguliers est souvent incorrect», poursuit-elle.
Mme Babé cite le cas du Mozambique, où un programme de la Croix-Rouge baptisé «guérison par le jeu» est, selon elle, une des actions en faveur des enfants-soldats qui fonctionnent le mieux.
«Les enfants doivent réapprendre à jouer entre eux, à se tromper, à pardonner si jamais quelqu’un leur fait un sale coup, à chanter ensemble et à chercher les valeurs et les choses positives dans la vie quotidienne. Ce sont des choses difficiles dans des zones de conflit», conclut-elle. (AFP)


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