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Actualités - Chronologie

Les enfants roumains meurent du sida par centaines

A eux seuls, les enfants roumains représentent avec 4.226 cas recensés plus de la moitié des enfants malades du sida en Europe, selon des statistiques officielles et, à cause du manque quasi total de prévention, la situation s’aggrave d’année en année.
En Roumanie, de jeunes enfants sont morts du sida par centaines en 1997. Dans leur majorité — plus de 63%, selon le ministère de la Santé — ces victimes sont des orphelins contaminés par transfusions sanguines ou par des injections avec des seringues non stérilisées.
«Andrea Mari 1989-1990», sous cette inscription le gilet du bébé a été cousu sur l’un des draps où des enfants ont écrit les noms de leurs petits camarades tués par le virus, plus de 1.500 depuis 1990. Ces draps sont étendus sur la chaussée devant l’hôtel Intercontinental à Bucarest à l’occasion de la Journée mondiale contre le sida.
L’une des organisatrices de la manifestation, Monica Dan, membre de l’association roumaine anti-sida ARAS, lance un cri d’alarme: Les autorités ne font pas de prévention et les cas d’enfants contaminés sont encore en progression cette année».
Miloud Oukili, un Français qui dirige Parada, une ONG travaillant sur la réinsertion des enfants de la rue, partage ce pessimisme. «Un gamin atteint du sida est un paria en Roumanie». «Devant le manque total de dépistage, dit-il, j’ai le sentiment que les autorités sanitaires jugent inutile d’entreprendre quoi que ce soit puisque finalement l’enfant doit mourir».
La promiscuité entre les enfants vivant en groupe dans les égouts de la capitale et une forte prostitution infantile risquent encore d’accroître l’expansion du sida dans les années futures.

Prévention
et dépistage

A l’origine, l’épidémie s’est propagée sous le régime communiste qui avait interdit l’avortement et peuplé les orphelinats où les transfusions sanguines étaient largement administrées afin de maintenir en vie des enfants faibles et mal nourris.
Sous le régime de Nicolae Ceausescu, la mortalité infantile comme le sida (en 1985, les autorités reconnaissaient un cas unique de sida en Roumanie) n’existait pas dans les statistiques officielles. Or le sang administré aux enfants n’était pas testé contre le virus du sida.
L’épicentre du mal provenait de la ville portuaire de Constantza (est) où les marins, la population à plus haut risque, vendaient bon marché leur sang aux hôpitaux pour se procurer quelques ressources supplémentaires.

Aujourd’hui, au moins dans les grandes villes, les autorités sanitaires ont pris des mesures pour éviter ces contaminations à la chaîne, explique un médecin britannique. «Mais, poursuit-il, les personnes recensées sont loin de refléter la réalité, et on découvre tous les jours de nouveaux cas».

«De nombreux enfants séropositifs de l’époque Ceausescu, ajoute-t-il, sont devenus des adolescents qui transmettent la maladie par voie sexuelle».
Les cas d’adultes séropositifs sont également en forte hausse en 1997 avec 473 personnes recensées, soit une progression de 25% par rapport à 1996, selon le ministère de la Santé.
La situation est d’autant plus grave qu’une forte prostitution sévit en Roumanie et que le préservatif semble inconnu. Une récente enquête de la firme Durex sur un échantillon de 1.000 Roumains, âgés de 18 à 24, précise qu’ils ignorent totalement les risques de sida et n’utilisent pas les préservatifs. Pour 72% de la population, le sida ne frappe que les drogués ou les homosexuels.
«Seul un dépistage intensif, une campagne de prévention à l’échelle nationale et d’importants moyens financiers peuvent peut-être sauver le pays d’un désastre», estime Monica Dan. Mais, conclut-elle, «les autorités doivent vite comprendre qu’en restant inactives, elles favorisent la propagation rapide du fléau». (AFP)
A eux seuls, les enfants roumains représentent avec 4.226 cas recensés plus de la moitié des enfants malades du sida en Europe, selon des statistiques officielles et, à cause du manque quasi total de prévention, la situation s’aggrave d’année en année.En Roumanie, de jeunes enfants sont morts du sida par centaines en 1997. Dans leur majorité — plus de 63%, selon le ministère de la Santé — ces victimes sont des orphelins contaminés par transfusions sanguines ou par des injections avec des seringues non stérilisées.«Andrea Mari 1989-1990», sous cette inscription le gilet du bébé a été cousu sur l’un des draps où des enfants ont écrit les noms de leurs petits camarades tués par le virus, plus de 1.500 depuis 1990. Ces draps sont étendus sur la chaussée devant l’hôtel Intercontinental à Bucarest à...