Les mines tuent ou mutilent une personne toutes les 22 minutes.
Plus de 100 pays, 105 à 110 selon les estimations officielles, se retrouveront dans la capitale canadienne au terme d’un marathon de 14 mois, qui a permis la rédaction d’un texte en 22 articles et 24 pages. Cette Convention a été mise au point par une coalition de pays, organisations non-gouvernementales et organisations humanitaires, et entérinée en septembre à Oslo par les délégués de 89 pays.
Les pays signataires vont s’engager à interdire l’emploi, la production, le transport et le stockage des mines antipersonnel, détruire les stocks existants dans les quatre ans après l’entrée en vigueur de la convention, nettoyer les champs de mines si possible d’ici dix ans et coopérer à un régime de surveillance.
Outre la majorité des pays affectés par les mines, comme le Cambodge, la Bosnie ou l’Angola, on trouve parmi les signataires de grands pays fabricants comme la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la France ou l’Afrique du Sud. Les Etats-Unis, la Russie et la Chine, autres grands pays producteurs, ont refusé d’apposer leur paraphe en bas du texte, mais ils seront au nombre de la trentaine de pays qui devraient venir en observateurs.
Après la réunion d’Ottawa, le texte, qui restera ouvert à la signature d’autres pays, sera déposé aux Nations Unies à New York. Il ne pourra entrer en application qu’après avoir été ratifié par 40, et six mois après la 40e ratification, ce qui pourrait, selon Ottawa, ne pas intervenir avant l’an 2000.
Le Canada, un des principaux instigateurs du projet, a pris ses dispositions pour être le premier pays à ratifier le texte, le jour même de la signature.
Programme de déminage
et d’aide aux victimes
La cérémonie de signature sera ouverte mercredi par le premier ministre canadien Jean Chrétien et présidée par le ministre des Affaires étrangères Lloyd Axworthy, la cheville ouvrière de cette convention.
La rencontre d’Ottawa comprendra un autre volet, commençant dès mardi, soit un jour avait le début de la cérémonie de signature.
Le Forum d’action sur les mines, auquel participeront des pays non signataires comme les Etats-Unis et la Chine, consistera en un ensemble de 20 tables rondes réunissant des experts et des centaines de représentants d’ONG ou d’organisations humanitaires internationales.
Quelque 400 représentants de 229 organisations humanitaires ou non gouvernementales, venus de 59 pays, sont attendus à Ottawa.
Ce Forum aura pour objectif de mettre au point un ordre du jour d’une part pour élargir le nombre de signataires du traité, d’autre part pour développer les programmes de déminage et d’aide aux victimes.
On estime que 60 à 110 millions de mines sont encore enfouies dans le sol de la planète. (AFP)

