La proposition israélienne d’un retrait limité de ses troupes d’occupation de la Cisjordanie est un «geste très en deçà» des engagements pris, a estimé dimanche le ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine.
«C’est vrai que le premier ministre israélien fait un geste. Mais c’est un petit geste qui est très en deçà des engagements pris» par l’ancien gouvernement travailliste israélien, a estimé M. Védrine sur la chaîne française de télévision publique France 3.
«En outre, il pose des conditions supplémentaires par rapport à cela», a-t-il dit.
Israël a accepté dimanche le principe d’un retrait limité de ses troupes d’occupation en Cisjordanie, mais a posé une série de conditions aussitôt dénoncées par les Palestiniens.
«Il est difficile de penser que ce qui est mis en avant suffit à relancer la dynamique» du processus de paix, a ajouté le ministre.
De retour d’une tournée en Israël et dans les Territoires palestiniens, M. Védrine a souligné la nécessité de ne pas «relâcher les efforts».
«C’est tellement important de remettre en marche le processus de paix, et d’arriver un jour à une solution équitable qui garantira la sécurité pur tous, qu’on ne peut se décourager en aucune façon, quel que soit le contexte», a-t-il affirmé.
M. Védrine a toutefois noté qu’il y avait «un début de contestation, parce qu’il y a beaucoup de Palestiniens qui considèrent qu’ils ont été dupés dans l’affaire, parce qu’on est maintenant très loin des engagements qui avaient été pris à Oslo» par les Palestiniens et les Israéliens.
«L’écart entre ce que (le premier ministre israélien) Benjamin Netanyahu accepte de faire et ce dont (le président de l’Autorité palestinienne) Yasser Arafat a besoin pour que le processus de paix ne soit pas complètement décrédibilisé auprès des Palestiniens reste très considérable», a-t-il encore dit.

