La légalisation de la prostitution a été au centre des débats d’une conférence internationale sur la prostitution organisée samedi à Budapest par la Fédération Européene pour la Disparition de la Prostitution (FEDIP) et l’organisation hongroise «Kiut Veled».
Contrairement aux représentants officiels qui considèrent la prostitution, avant tout, comme un délit à combattre par des procédures légales, les représentants des organisations sociales ont insisté sur la nécessité d’une aide aux prostitués, dans leurs interventions.
La Hongrie prépare actuellement une loi sur la prostitution qui devrait entrer en vigueur au printemps prochain prévoyant la légalisation des maisons closes dans certaines zones, a indiqué le procureur Kalman Gyorgyi devant la conférence.
Il a cependant souligné que «les moyens prévus par la législation pénale ne sont pas suffisants pour venir à bout du phénomène» de prostitution.
Selon un expert de la police, Akos Borai, il y a actuellement quelque 7.500 prostitués en Hongrie, 2.500 dans les rues et quelque 5.000 qui travaillent dans des salons de massage.
«L’interdiction de la prostitution est impossible car elle devait s’accompagner de moyens inacceptables dans un régime démocratique» a estimé M. Borai.
La présidente de la FEDIP, Sophie Wirtz-Jekeler, a mis en garde contre «la violence et les relations autoritaires qui règnent dans les milieux de la prostitution qui n’est jamais un sort librement choisi».
Le médiateur hongrois pour les droits de l’homme, Peter Polt, a pour sa part lancé un appel aux Etats et aux citoyens pour lutter contre la prostitution enfantine.
En Hongrie, 500 enfants sont livrés à la prostitution, selon un rapport de l’UNICEF, a-t-il dit.
La FEDIP a été créée en 1991 par la Belgique, la France, la Hongrie, l’Irlande, le Portugal et l’Espagne pour mener une politique de prévention contre la prostitution et offrir une aide sociale et médicale aux prostitués. (AFP)

