Champion du monde en titre, vainqueur de la Copa America en 1997, le Brésil, déjà sacré à quatre reprises, demeure la référence et le grand favori du Mondial-98 tant les options tactiques et techniques que cette équipe recèle sont d’une immense variété.
L’abondance de biens ne semble pas nuire au sélectionneur Mario Zagallo, déjà champion du monde en tant que joueur en 1958 et 1962, puis comme entraîneur en 1970 et enfin comme directeur technique en 1994. Il mènera à sa 16e phase finale consécutive (un record!), les quadruples champions du monde, qualifiés d’office en tant que tenants du titre.
Pour espérer remporter leur cinquième couronne, Zagallo possède toute une palette de solutions, notamment offensives. Le poste de gardien et l’axe de la défense restent cependant les points faibles de la sélection. Lors du Tournoi de France et de la Copa America aux mois de juin et de juillet, le gardien Taffarel n’a pas convaincu, tout comme l’association défensive Aldaïr-Celsio Silva ou encore Aldaïr-Marcio Santos, mais aussi Aldaïr-Gonçalves.
Zagallo avoue qu’il travaille sur cette question pour améliorer ce secteur névralgique, nécessaire pour assurer une relance créatrice. Dans l’entrejeu, ces choix sont pratiquement arrêtés et en attaque la paire Ronaldo-Romario s’annonce redoutable et déjà redoutée.
Pas de doute, le Brésil s’annonce comme «le» candidat pour briguer sa propre succession.
Argentine: La bête
de compétition
Tout comme l’Allemagne ou encore le Brésil, l’Argentine est une bête de compétition dès lors qu’elle participe à une phase finale de la Coupe du monde, comme cela sera à nouveau le cas pour la douzième fois lors du Mondial-98 en France.
Vainqueur en 1978 à domicile au Monumental de Buenos Aires (contre les Pays-Bas) et en 1986 au stade Aztèque de Mexico (contre l’Allemagne), finaliste en 1990 au stade Olympique de Rome (face à l’Allemagne), les Argentins demeurent une référence et font partie des favoris de cette dernière édition du siècle.
Cependant, c’est à la force du jarret que les doubles champions du monde sont parvenus à se qualifier. Un départ en dents de scie dans la poule unique de la zone Amsud, un désordre tactique, des décisions ahurissantes prises par le sélectionneur Daniel Passarella, «chaque sélectionné doit avoir une coupe de cheveux réglementaire», un système de jeu initial déséquilibré, mais à l’arrivée l’union sacrée et une qualification logique. Résultat, l’Argentine a finalement pris la première place de ce mini-championnat (16 matches, 8 victoires, 6 nuls et 2 défaites).
Longtemps critiqué, Passarella, capitaine champion du monde en 1978, a réussi l’amalgame qu’il a recherché et qui se situe entre le «menottisme» et le «bilardisme», deux ex-entraîneurs qui ont conditionné le football argentin au cours de ces vingt dernières années.
Pour atteindre l’objectif suprême, Passarella pourra s’appuyer sur une épine dorsale qui a fait ses preuves et composée de Sensini-Almeyada-Ortega-Gallardo-Battistuta.
L’après-Maradona étant digéré, le sélectionneur argentin est le prototype de l’entraîneur qui préfère faire confiance à un bloc plutôt qu’à un joueur. (AFP)

