Dans une conférence de presse, Stélions Papadimitriou a affirmé que cette conspiration «vise à nous retirer la gestion du patrimoine» d’Athina «et à la confier à M. Roussel, en totale rupture et mépris avec la volonté» de Christina «et du jugement irrévocable de la Cour fédérale suisse».
Elle implique, selon lui, Thierry Roussel, deux de ses avocats, «le juge d’instruction genevois Jacques Delieutraz» ainsi qu’un second magistrat suisse, M. Hans Joos. Ces cinq personnes «ont conspiré contre nous pour nous diffamer et nous accuser d’avoir commis des crimes extrêmement graves», a-t-il affirmé.
Le jude Delieutraz est en charge du dossier de la tentative présumée d’enlèvement d’Athina tandis que M. Joos «supervise l’autorité de tutelle des mineurs», selon M. Papadimitriou.
M Papadimitriou a notamment fondé ces accusations sur les copies de courriers adressés à M. Roussel par les deux avocats. Dans une déclaration à la presse grecque, M. Roussel n’a pas démenti l’existence de ces courriers et a affirmé qu’ils «lui avaient été volés».
M. Papadimitriou a affirmé qu’il ressortait de ces courriers que «M. Delieutraz offre son aide pour le premier pan de l’affaire c’est-à-dire notre implication dans la ridicule et imaginaire tentative d’enlèvement d’Athina».
Toujours selon M. Papadimitriou, il en ressort aussi que «M. Joss offre son aide pour retirer» aux administrateurs grecs toute compétence sur la gestion du patrimoine d’Athina.
Audit de sécurité
Le patrimoine d’Athina est géré, conformément aux volontés de sa mère Christina décédée en 1988, par cinq coadministrateurs: M. Papadimitriou, trois autres Grecs, présents à la conférence de presse, et Thierry Roussel lui-même.
«Nous demandons aux autorités suisses de prendre toutes les mesures requises en la circonstance», a ajouté M. Papadimitriou. «Ce serait une honte que les personnes impliquées dans cette conspiration restent impunies et restent à leur poste», a-t-il lancé.
Il a aussi accusé le juge Delieutraz «d’avoir refusé de recevoir» l’avocat des administrateurs grecs. Selon M. Papadimitriou, M. Delieutraz a motivé son refus en disant: «Personne ne vous accuse» dans ce dossier.
M. Papadimitriou a révélé que les administrateurs grecs avaient fait procéder de fin janvier au 15 mai dernier à un «audit de sécurité» par «une société spécialisée, l’ISC (International Security Consultancy), pour la somme de 90.000 dollars».
Cet audit, «dont M. Roussel n’a pas été informé», et au cours duquel «aucun simulacre d’enlèvement n’a été réalisé», visait à vérifier si la protection d’Athina, 12 ans, était assurée, conformément aux demandes d’un contrat d’assurance souscrit depuis 1989 auprès de la Lloyd’s contre les risques d’enlèvement d’Athina, a-t-il précisé.
M. Papadimitriou a par ailleurs affirmé ne pas connaître les deux hommes soupçonnés par la justice suisse de complicité dans la présumée tentative d’enlèvement et récemment arrêtés: un Israélien appréhendé en Italie à la mi-novembre et un Suisse lundi à Genève. Il a ajouté qu’il ignorait s’ils avaient travaillé à l’audit mené par l’ISC. (AFP)

