Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Un manager à l'américaine : le nouvel ambassadeur français

Le temps des diplomates de carrière semble révolu en France: les ambassadeurs, comme leurs homologues américains, devront désormais avoir une expérience professionnelle extérieure au Quai d’Orsay, être capables de surfer sur Internet et savoir «vendre» la France.

«Certains postes de responsabilité de ce ministère, notamment ceux qui sont le plus en contact avec l’extérieur, ne devraient être confiés qu’à ceux d’entre vous ayant eu une expérience de mobilité externe», a affirmé le chef de la diplomatie française Hubert Védrine aux représentants de la France dans le monde.
«La mobilité, loin d’être un frein à l’avancement, devra devenir un facteur de valorisation des carrières», a renchéri Hubert Védrine qui, comme la plupart des diplomates français, est passé par le moule de l’Ecole nationale d’administration.
Ce profil du nouveau diplomate français est calqué sur celui de son homologue américain. Nombreux, en effet, sont les émissaires américains dont le parcours est émaillé d’expériences professionnelles.
Richard Holbrooke, 56 ans, artisan de l’accord de paix de Dayton pour la Bosnie-Herzegovine, a ainsi partagé sa vie entre la diplomatie et les banques de Wall Street.
Et le nouvel ambassadeur des Etats-Unis à Paris, Felix Rohatyn, est un banquier qui a fait carrière chez Lazard Frères — joyau des banques d’investissement et un des établissements les plus prospères de Wall Street — dont il était «senior partner».

Hégémonie

Le modèle américain a beaucoup inspiré la réflexion du ministre français des Affaires étrangères. Il s’en est expliqué dans une intervention devant les ambassadeurs. «Il y a aujourd’hui une seule grande puissance: les Etats-Unis d’Amérique», a-t-il souligné. Ce constat a d’ailleurs fait les délices des commentateurs de la presse anglo-saxonne.
En fait, la position hégémonique des Américains inquiète Paris et ce sentiment est partagé à droite comme à gauche en cette période de cohabitation.
Le président Jacques Chirac et le premier ministre Lionel Jospin ont tous les deux insisté sur cette situation lors de leurs interventions devant les ambassadeurs, pour ensuite appeler à une relance de la construction européenne afin de contrer la position dominante occupée aujourd’hui par Washington sur la scène mondiale.
Ce n’est donc pas par hasard si l’un des principaux thèmes de travail choisis pour les ambassadeurs a été la diplomatie américaine, son fonctionnement et ses stratégies.
La carrière va devoir évoluer, s’adapter aux nouvelles technologies, notamment Internet, sortir d’une vision purement étatique de ses modes de fonctionnement, a commenté Hubert Védrine.
«L’évolution du monde étant ce qu’elle est, on exigera de plus en plus de vous que vous soyez animés d’un véritable esprit d’entrepreneur. L’ambassadeur doit être le «manager» polyvalent de l’influence française dans son pays de résidence», et contribuer à la conquête de parts de marché, a-t-il expliqué.
Cette polyvalence pourra parfois prendre des aspects ludiques. L’organisation par la France de la Coupe du monde de football, l’année prochaine, sera l’occasion pour les ambassadeurs de s’exercer à leur nouveau rôle.
L’ancien capitaine de l’équipe de France, Michel Platini, coprésident du comité d’organisation de la Coupe, est spécialement venu leur prodiguer de précieux conseils avant leur retour en poste. (AFP)
Le temps des diplomates de carrière semble révolu en France: les ambassadeurs, comme leurs homologues américains, devront désormais avoir une expérience professionnelle extérieure au Quai d’Orsay, être capables de surfer sur Internet et savoir «vendre» la France.«Certains postes de responsabilité de ce ministère, notamment ceux qui sont le plus en contact avec l’extérieur, ne devraient être confiés qu’à ceux d’entre vous ayant eu une expérience de mobilité externe», a affirmé le chef de la diplomatie française Hubert Védrine aux représentants de la France dans le monde.«La mobilité, loin d’être un frein à l’avancement, devra devenir un facteur de valorisation des carrières», a renchéri Hubert Védrine qui, comme la plupart des diplomates français, est passé par le moule de l’Ecole nationale...