La prisonnière, Itaf Ayyan, 35 ans, a cependant affirmé dans une lettre ouverte publiée mercredi par le journal palestinien «al-Qods» qu’elle «poursuivrait» sa grève de la faim jusqu’à «sa libération ou la mort».
Selon Issa Qaraqeh, qui avait rendu visite mardi à Mme Ayyan à l’hôpital de la prison israélienne de Ramleh en compagnie d’un groupe de responsables palestiniens, les autorités de l’hôpital ont menacé de donner du lait par la force à la détenue au bout de 40 jours de grève de la faim.
«Nous les avons mis en garde contre ce geste qui pourrait mettre en danger sa vie», a dit M. Qaraqeh, qui préside le Club des droits des prisonniers palestiniens à Bethléem en Cisjordanie.
Il a rappelé dans ce contexte le cas de Ali Jaafari, un Palestinien qui avait mené une grève de la faim en 1982 et avait succombé lorsque les autorités israéliennes lui avaient injecté par la force du lait par son nez.
Placée en détention administrative depuis le 20 octobre pour son appartenance présumée au mouvement intégriste palestinien du Jihad islamique, Itaf Ayyan a perdu 14 kilogrammes et a les mains attachées à son lit d’hôpital, a dit M. Qaraqeh.
«Dans la poche»
Il a indiqué que la détenue accepterait de mettre fin à sa grève si l’Autorité palestinienne parvenait à obtenir de la part des Israéliens une garantie sur un non-renouvellement de sa détention administrative au bout de trois mois d’incarcération.
Lundi, un tribunal militaire israélien avait rejeté l’appel de Mme Ayyan contre sa détention par ordre administratif.
Dans sa lettre, la prisonnière affirme ne pas «s’attendre à un traitement de faveur» de la part des tribunaux israéliens et condamne la politique israélienne de détention administrative.
Quelque 880 Palestiniens sont des détenus administratifs en Israël. Leur détention peut être prolongée sans jugement par période de trois mois.
«Je savais dès le début que je ne pourrais pas obtenir justice de la part des tribunaux israéliens tant qu’ils continueront à se baser sur les assertions du Shin Beth», service de renseignements israéliens, a écrit Mme Ayyan.
«Lors de la réunion du tribunal, un agent du Shin Beth m’avait dit: Nous avons les tribunaux dans la poche», a-t-elle ajouté.
Itaf Ayyan avait été relâchée par Israël en février dernier avec 29 autres Palestiniennes après neuf ans de détention. Elle avait été de nouveau interpellée le 21 octobre alors qu’elle se rendait en bus de Bethléem vers Abou Dis, une banlieue de Jérusalem-Est, pour participer à un meeting du Jihad. (AFP)

