Alors que s’ouvre, en décembre, le département égyptien du Louvre, un livre, «Aménophis IV et les pierres du Soleil» (Arthaud), offre aux passionnés d’égyptologie une reconstitution exemplaire, alliant archéologie et informatique, de l’histoire du pharaon «hérétique» et de son premier temple.
Ce travail de détective fait littéralement revivre Aménophis IV, ou Akhénaton, comme il s’était lui-même rebaptisé après sa «révolution religieuse», marquée par une nouvelle théologie: la «substitution» du culte solaire d’Aton (l’ancienne divinité égyptienne Ré-Hor-Akhty) à celui du tout puissant Amon.
Ce choix du pharaon, qui régna de 1352 à 1370 avant notre ère, s’est aussi traduit par une révolution stylistique de l’art égyptien, avec une tendance très réaliste.
Artisans de cette «résurrection», Robert Vergnieux, responsable du service informatique recherches en archéologie (Université de Bordeaux-III) et Michel Gondran, conseiller scientifique en mathématiques appliquées et en informatique à la direction des études et recherches d’EDF (Electricité de France), ont reconstitué des centaines de scènes, restituées en images de synthèse.
Ces reconstitutions sont basées sur un «puzzle» de 12.000 pierres gravées (talatat), provenant du premier temple solaire d’Aton à Karnak. Ces blocs de grès, décorés en reliefs assez profonds, étaient peints de couleurs vives.
Le lecteur pourra ainsi découvrir la reine Nefertiti — épouse d’Akhénaton — prenant une douche, mangeant un canard, le pharaon mettant un collier... A côté de ces détails de la vie quotidienne du couple royal, on trouve aussi le récit imagé du fonctionnement interne du temple, aux innombrables serviteurs.
Les scènes dévoilent également de nouvelles interprétations sur l’émergence du culte d’Aton et permettent de définir une période historique inédite: le proto-amarnien. L’ouvrage explique encore comment archéologues et spécialistes de l’intelligence artificielle ont travaillé main dans la main pour offrir au lecteur — et aux égyptologues — cette superbe fresque. (AFP)

