Le rapport de 45 pages, rédigé conjointement avec l’Institut palestinien de recherche économique, dresse un sombre bilan de l’économie palestinienne depuis les accords d’autonomie de 1993 et juge qu’elle est restée «très en deçà de ses potentialités».
La Banque mondiale (BM) s’inquiète de la baisse du revenu des familles palestiniennes et de la hausse du chômage, ainsi que des conséquences économiques du blocage du processus de paix. Elle critique la politique israélienne et les dysfonctionnements de l’Autorité autonome.
Le rapport souligne ainsi que la consommation par tête des Palestiniens a diminué de 15% entre 1992 et 1996 et que le taux de chômage atteignait 28,4% de la population active l’an dernier.
Au passage, la BM égratigne les pays donateurs qui ne devraient pas se contenter de donner de l’argent mais devraient «jouer un rôle actif pour écarter les obstacles politiques au développement économique».
Elle s’élève contre les restrictions imposées par Israël à la libre circulation des personnes et des marchandises, entre la bande de Gaza et la Cisjordanie, à l’intérieur des territoires palestiniens et entre ces territoires et le monde extérieur.
Elle critique notamment l’imposition de bouclages prolongés des territoires par l’Etat hébreu, ce qui a eu pour effet de réduire fortement le nombre des travailleurs employés par Israël.
Selon le rapport, la part des salaires perçus en Israël, qui représentait 25% du produit national brut palestinien en 1992, est tombée à 6% en 1996.
La BM évalue les pertes de l’économie palestinienne causées par le bouclage et d’autres restrictions imposées par Israël, entre 1993 et 1996, à 2,8 milliards de dollars, soit le double de toute l’aide internationale durant ces années.
Le rapport réclame l’ouverture de l’aéroport que les Palestiniens ont construit dans la bande de Gaza et la mise en chantier d’un port maritime à Gaza, la liberté de circulation et la possibilité de contacts directs avec l’extérieur.
Il souligne la nécessité pour l’Autorité présidée par Yasser Arafat de fournir des services sociaux adéquats et lui reproche d’avoir «gonflé démesurément» les appareils du pouvoir.
Selon le rapport, le nombre de fonctionnaires a plus que triplé entre 1993 et 1996, passant de 22.000 à 75.000, et la masse salariale de l’Autorité est passée dans le même temps de 258 millions de dollars à 779 M USD.
Pendant cette même période, les investissements dans les projets d’infrastructure n’ont pas dépassé les 70 millions de dollars par an, soit moins de 2% du produit national brut, alors qu’ils représentent 4% du PNB en moyenne dans les pays en développement.
Le rapport s’inquiète du faible rôle du secteur privé et de l’absence d’investissements qu’il explique par «l’atmosphère d’incertitude» liée au manque de perspectives de paix.
«L’économie palestinienne est sur le fil du rasoir entre le développement et l’effondrement. Beaucoup dépendra de l’évolution du processus de paix», écrivent les auteurs du rapport. (AFP)

